Le Turkménistan exportera vers l'Ukraine 40 milliards de m3 de gaz en 2006, selon un accord signé entre les deux pays, a déclaré le président turkmène Saparmourat Niazov, vendredi.
Le prix que Kiev devra payer pour ce gaz sera de 50 dollars par 1.000 m3, a annoncé dans la soirée le président ukrainien Viktor Iouchtchenko dans une interview aux télévisions ukrainiennes.
Cet accord est d'une importance extrême suite au conflit actuel entre le russe GAZPROM et l'Ukraine du au différend relatif au prix de ses importations de gaz russe. En l'absence d'un nouvel accord avec l'Ukraine, la Russie menace de lui couper ses livraisons à partir du 1er janvier.
I – Contenu de l'accord
Le chef du cabinet a précisé que l'Ukraine recevrait 11,35 milliards de m3 au premier et au quatrième trimestres et 8,65 milliards au deuxième et troisième trimestre. M. Niazov n'avait pas précisé le prix que Kiev devrait payer, indiquant simplement qu'il serait "un peu inférieur" aux 65 dollars pour 1.000 m3 que Gazprom s'est engagé à payer jeudi pour les importations de gaz turkmène à la Russie.
II – Besoins énergétiques de l'Ukraine
L'Ukraine consomme annuellement environ 75 milliards de m3 de gaz. La production nationale ne dépasse pas 20 milliards de m3 par an, le solde des besoins étant comblé via des importations en provenance de Russie (environ 25 milliards de m3) et de Turkménistan, lequel peut livrer à l'Ukraine jusqu'à 36 milliards de m3 de gaz par an, conformément à un contrat à long-terme conclu avec Kiev.
Les importations turkmènes en Ukraine se sont montées à 29 milliards de m3 en 2004, contre 31-32 milliards de m3 par an les années précédentes, selon la compagnie d'Etat ukrainienne Naftogaz.
III – Dernières positions ukrainiennes et russes
Le président ukrainien a proposé vendredi qu'un contrat soit signé pendant les dix premiers jours de janvier, un moratoire sur les hausses de prix et leur taux pouvant être établi en attendant. Mais le groupe Gazprom lui a immédiatement opposé un refus.
Le gouvernement ukrainen estime que Gazprom agit à l'initiative du Kremlin, celui-ci voulant très certainement ainsi sanctionner la politique pro-occidentale de l'Ukraine.
En tout état de cause, le gaz russe doit transiter sur le territoire ukrainien pour approvisionner les marchés européens, ce qui peut constituer un atout pour l'Ukraine mais un risque pour l'UE de voir une partie de ces approvisionnements détournée.
IV – Inquiétude de l'UE
La Commission européenne - qui s'estime "préoccupée" - a convoqué pour mercredi prochain une réunion spéciale d'experts des Etats membres pour discuter des conséquences éventuelles liées au différend gazier qui oppose l'Ukraine à la Russie.
Pour sa part, le gouvernement russe a exclu vendredi que les livraisons à l'Europe occidentale soient menacées, un plan ayant été élaboré pour assurer une absence d'interruption dans les livraisons de gaz russe aux clients européens.
La Russie assure environ 25% des besoins en gaz de l'Europe occidentale, et la quasi-totalité de ces exportations transite par l'Ukraine. La république tchèque est le pays le plus dépendant de ces approvisionnements avec un taux de 79%, viennent ensuite la Hongrie avec 68%, l'Autriche et la Pologne avec 65%.
L'Allemagne, dépendante à 39 % de la production russe a appelé vendredi à un compromis rapide tout en refusant de jouer un rôle de médiateur, et précisant que ses réserves de gaz lui permettaient d'envisager la situation avec sérénité.
Même si les autorités de République tchèque, de Pologne et de Roumanie ont assuré ne pas s'attendre à des problèmes, des plans d'urgence ont été initiés par mesure de précaution.
V – Diamant et pétrole dans la balance
Hasard du calendrier .... après avoir annoncé en début de semaine le lancement d'un appel d'offres sur le pétrole, l'Ukraine vient d'annoncer vendredi la découverte d'un important gisement de diamants sur son territoire.
La qualité des diamants découverts égale celle des diamants extraits en Russie et en Afrique du Sud, leaders mondiaux dans ce domaine, a assuré le ministre. Les autorités ukrainiennes ont promis de donner plus de détails sur la découverte dans les prochains jours.
L'Ukraine est un important centre de taillage de diamants de petite et moyenne taille.

2 Commentaires
1
Concernant l'Allemagne :
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Les besoins de l'Allemagne en gaz naturel russe sont pour 30% acheminés via l'oléoduc de l'Ukraine et 6% via un autre oléoduc passant par la Biélorussie.
Un nouvel oléoduc, qui relie directement la Russie à l'Allemagne, est en construction sous la mer Baltique. M. Schröder a été désigné président du comité de la société.
31 décembre 2005 à 02:512
Vu de l'Europe, ce different gazier semble etre un simple enjeu politique de destabilisation du gouvernement pro-occidental. Il est evident qu'il s'agit bien de cela, mais ce que l'on ne sait pas en UE, ou ne dit pas, c'est qu'une certaine presse russe parle de "merde orange". Et que cette meme presse, aux mains du pouvoir, accusait, avant meme d'avoir ferme la vanne de gaz, les ukrainiens de les voler. Quant aux contrats signes entre Mr Shroder et V.Poutine, il me semble inadmissible que la communaute ait pu les laisser signer. Car, cela ne signifie ni plus ni moins que l'acceptation de la communaute europeeenne toute entiere a jouer un role de complicite active dans la ruine pure et simple des pays Baltes, et de l'Ukraine en particulier. Et cela, en parfaite entente avec Mr Poutine. Nos dirigeants sont soit stupides(comment peut-on faire confiance a un ex colonel du kgb?) soit de vraies chiffes molles. Si cette derniere variante s'avere proche de la realite, alors, nous pouvons deja nous considerer comme ayant deja perdu la "guerre du gaz" et nous appreter a courber l'echine de plus en plus bas devant "nos nouveaux amis russes".
03 janvier 2006 à 15:21Ajoutez un commentaire
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