Le groupe français Lafarge et la société hongkongaise SOCAM, cotée à la bourse de Hong Kong, filiale de Shui On, et 1er groupe cimentier dans le sud-ouest de la Chine, avaient annoncé le 11 août la constitution d’une société conjointe opérant la fusion de leurs unités en Chine continentale : Lafarge Shui On Cement détenue à 55% par Lafarge et à 45% par SOCAM.
La joint-venture dirigée par Lafarge annonce désormais l'acquisition de 100% des parts de Shuangma Investment Group, dans la province chinoise du Sichuan, pour 38 millions US$. En prenant en compte la dette de l'entreprise et les investissements à court terme pour améliorer le dispositif industriel, l'investissement total pour Lafarge Shui On Cement représente près de 160 millions US$.
A l'issue de cette opération, la capacité de production de la joint-venture en Chine sera de 21 millions de tonnes de ciment, confortant sa position de leader du Sud Ouest de la Chine et comptant parmi les trois premiers cimentiers chinois.
Grâce à cette acquisition, Lafarge Shui On Cement renforce ses positions dans la province du Sichuan, déjà servie par la cimenterie Lafarge de Dujiangyan, dont la capacité de production est en cours de doublement pour atteindre 2,8 millions de tonnes courant 2006.
Lafarge Shui On Cement, qui disposait déjà d'une capacité de 2,3 millions de tonnes dans la région, disposera d'une capacité totale dans cette province de 5,6 millions de tonnes fin 2005 et 7 millions de tonnes après l'achèvement de la seconde ligne de Dujiangyan.
L'accord de joint-venture, scellé définitivement depuis peu entre Lafarge et SOCAM, donne naissance à l’un des trois plus grands groupes cimentiers chinois par ses capacités de production. En dépit de son apport minoritaire en capacité de production, Lafarge détient 55% des parts de cette société conjointe, présidée par Vincent Lo, président et fondateur du groupe Shui On, la direction étant quant à elle, désignée par Lafarge.
Le numéro un mondial français permettra à son partenaire de réaliser un saut technologique considérable de ses installations. Ces dernières seraient obsolètes à terme à hauteur de 70%, ce qui explique largement le déficit d’exploitation de près de 100 millions HKD de SOCAM en 2004/2005.
L’alliance implique un plan de modernisation et d’acquisition de 120 millions USD d’ici à fin 2006.
La nomination de M. Lo à la présidence de la joint-venture permettra à Lafarge, présent en Chine depuis une décennie, d’accélérer sa pénétration du marché local en bénéficiant des réseaux de relations de son partenaire dans un secteur encore fortement dominé par les pouvoirs publics. Ainsi Lafarge pourra tirer pleinement profit de la forte croissance estimée de la consommation de ciment en Chine continentale (+7 à 8% par an) qui représenterait déjà 45% de la demande mondiale en volume et 28% en valeur.
Cette alliance revêt aussi naturellement un aspect stratégique déterminant dans la mesure où les implantations des deux partenaires, à l’exception de deux unités de Lafarge dans la région de Pékin, sont situées dans le sud-ouest de la Chine, région en fort développement.
Le choix par Lafarge d’une société hongkongaise pour développer sa présence en Chine, démontre la position forte que les entreprises de Hong-Kong continuent d’occuper en Chine sur le plan industriel et relationnel, ces dernières possèdant une parfaite connaissance de l’environnement chinois.

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