Le partenariat stratégique industriel et commercial entre l'Egypte et Israël va être très bientôt mis en oeuvre. Ces Etats, qui depuis des années ont eu des relations diplomatiques pour le moins fluctuantes, culminant en 1978 dans le cadre des accords de Camp-David, ont convenu d'un accord de principe en vue d'élargir leur partenariat stratégique industriel et commercial, sous le regard protecteur des Etats-Unis.
Aux termes de cet accord, il est prévu d'étendre les zones industrielles égyptiennes qualifiées (Ziq) dont les produits peuvent accéder au marché américain sans quota ni droits de douane sous réserve qu'ils contiennent des composants israéliens et qu'ils soient fabriqués en Egypte dans les zones spécifiées.
L'Egypte avait longtemps refusé de signer un tel accord avec Israël, estimant que le contexte politique n'y était pas propice. Dès sa signature, il a suscité une vague d'opposition en Egypte.
Parallèlement, les investissements français se diversifient fortement dans ce pays, avec à noter un investissement accru des ciments LAFARGE, notamment.
I – Les termes de l’accord
Depuis la signature d'un accord cadre historique, en décembre 2004, co-signé par les Etats-Unis, ces Ziq étaient limitées à une partie du Grand Caire, ainsi qu'aux ports d'Alexandrie et de Port Saïd, au nord de l'Egypte. «L'Egypte a souhaité l'extension des Ziq au Grand Caire dans son ensemble ainsi qu'à Suez et Ismaïlia, ainsi qu'à une nouvelle zone dans la région du Delta du Nil», a annoncé le ministère égyptien du commerce extérieur. «Cette requête a été approuvée par la partie américaine», a précisé le ministère.
«Il s'agit à ce stade d'un échange de lettres entre Israël et l'Egypte approuvé par les Etats-Unis et non d'un accord formel», dans le but de mettre en avant la volonté d’aboutir à de véritables résultats économiques, au delà de sa signification symbolique.
Le taux d'intégration industrielle (taux de fabrication sur place) des produits admis en franchise sur le marché américain doit être d'au moins 35%, et ces produits doivent comporter au moins 11,7% de composants israéliens.
Les Etats-Unis sont le premier client et le deuxième fournisseur de l'Egypte. En 2004, le volume du commerce bilatéral entre les deux pays a atteint environ 5 milliards de dollars.
II - Le secteur du textile égyptien bénéficiaire en priorité
Les principaux bénéficiaires de cet accord risquent d’être, en Egypte, les industriels du textile. Les principales ressources économiques du pays d’Afrique sont le pétrole, les métaux et le tourisme. Mais les autorités cherchent de plus en plus à diversifier ses sources de revenu, notamment en exploitant le domaine du textile. D’autant plus que les abords du Nil assurent une importante production de coton. Or, l’abrogation des accords multifibres sur le textile, à partir du 1er janvier prochain, vont entraîner aux Etats-Unis la suppression des droits des quotas d’entrée des produits du textile-habillement.
Cette mesure a d’ailleurs poussé l’Egypte à se décider. D’autant plus que les Etats-Unis refusaient de poursuivre les négociations avec le Caire sur la création d’une zone de libre échange, tant que l’accord sur les ZIQ n’était pas signé avec Israël.
II Les investissements étrangers en Egypte
La dégradation de la situation régionale depuis le début de la seconde Intifada et le ralentissement de l'économie, alimenté par une crise de liquidités, avaient jusqu’aux récentes années érodé la confiance des investisseurs. Les résultats médiocres obtenus sur la décennie 90 sont néanmoins à relativiser compte-tenu de la faiblesse du taux d'investissement global des entreprises égyptiennes.
De plus, l'Egypte attire plus d'IDE que n'importe quel autre pays du Moyen Orient ou de l'Afrique du Nord. Selon la CNUCED, le stock cumulé d'IDE en Egypte depuis 1980 (20 983 MUSD) serait 1,3 fois plus important qu'en Tunisie (16 567 MUSD), 1,8 fois plus qu'au Maroc et 3,3 fois plus qu’en Algérie.
Presque la moitié (47%) des IDE en Egypte serait le fait d’investisseurs arabes, le reste provenant essentiellement de l’Union Européenne (30%) et l’Amérique du Nord (8%). La France ne se situerait qu'en 8ème position, avec 1,2 Md LE), au coude à coude avec l’Allemagne et l’Italie.
L'Espagne et la France vont contribuer à faire progresser fortement la part européenne dans les investissements énergétiques: l'espagnol UNION FENOSA est d'ores et déjà impliqué dans un vaste projet de production de GNL à Damiette ; GDF confirme son engagement dans l'ensemble de la filière gazière, et TOTAL pour l’amont gazier ou vient de se positionner par ailleurs PERENCO.
III Les investissements français en Egypte
La France serait le troisième investisseur européen en Egypte, derrière le Royaume-Uni et les Pays-Bas, avec environ 120 entreprises présentes. Le stock est passé de 116 Meuros en 1997 à actuellement 800 Meuros. Toutefois, ces chiffres n'incluent vraisemblablement pas un certain nombre d'intérêts français majeurs, dans les BOT et les franchises notamment. (Pour rappel, le BOT pour Built/Operate/Ttransfert est une politique d'investissement consistant à transférer la propriété d'une infrastructure après en avoir assuré la réalisation et l'exploitation pour une période donnée).
Une reprise très nette de l'intérêt des investisseurs français pour l'Egypte peut être observée depuis l’année 2000, en dépit du contexte d'incertitude existant depuis les événements du 11 septembre.
Les investissements français en Egypte, traditionnellement concentrés sur les secteurs des télécommunications (ORANGE dans MOBINIL), bancaire (SOCIETE GENERALE, CALYON, HSBC-CCF, BNP-PARIBAS) et touristique (ACCOR), se sont largement diversifiés dans la période récente.
La présence française concerne désormais des secteurs aussi divers que :
. le ciment via les entreprises suivantes :
- LAFARGE, avec le rachat de BENI SUEF en joint-venture avec le groupe grec TITAN et, plus récemment, à la suite du rachat de BLUE CIRCLE et de l'intégration d'ALEXANDRIA CEMENT, qui a contribué à doubler le montant de l'investissement de LAFARGE en Egypte ;
- VICAT avec, en avril 2003, une prise de participation de 30% dans le capital du cimentier privé SINAÏ CEMENT ;
- CIMENT FRANÇAIS qui a acquis 34,1%de SUEZ CEMENT,
. le gaz industriel (AIR LIQUIDE depuis octobre 2001, avec le rachat de l'allemand MESSER EGYPTE)
. la pharmacie (SERVIER, AVENTIS France, SANOFI-SYNTHELABO),
. la chimie (RHODIA, TOTALFINA),
. l'équipement électrique (SCHNEIDER),
. l'automobile (PEUGEOT),
. et de plus en plus, l'agroalimentaire (BEL, VITTEL, BESNIER, BONGRAIN, DANONE).

3 Commentaires
1
bien sur , n'y voir aucun rapport ...
Coup d'envoi des élections législatives en Egypte
09 novembre 2005 à 08:50Deux mois après la victoire du président Hosni Moubarak, les Egyptiens commencent mercredi à élire leurs représentants au Parlement au terme d'une campagne marquée par la résurgence islamiste.
2
Négociations de libre-échange: l'Egypte rejette les conditions politiques US
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LE CAIRE, 2 mars 2006 (AFP)
Les négociations sur un accord de libre-échange entre l'Egypte et les Etats-Unis ne pourront être lancées que si Washington cesse d'y attacher des conditions politiques, a déclaré jeudi le ministre égyptien du Commerce, Rachid Mohammad Rachid.
"Les relations commerciales ne devraient pas être liées à d'autres circonstances, politiques ou autres", a estimé le ministre après des discussions avec le secrétaire américain au Commerce, Carlos Gutierrez, en visite au Caire.
"Nous ne sommes pas préparés aujourd'hui à accepter un accord commercial lié à des conditions autres que celles en relation avec le commerce et l'investissement", a affirmé M. Rachid lors d'une conférence de presse avec le responsable américain.
Washington a annoncé le mois dernier le report de l'ouverture de discussions sur un éventuel accord de libre-échange avec l'Egypte, estimant que ce pays, l'un des principaux alliés des Etats-Unis dans la région, tardait à appliquer des réformes démocratiques.
Le 14 février, le gouvernement américain avait exprimé son mécontentement après le report de deux ans des élections municipales égyptiennes.
M. Gutierrez a refusé de dire si la décision de son gouvernement sur l'accord de libre-échange était directement liée à la situation politique en Egypte, se contentant de déclarer que l'environnement n'était pas "favorable" en ce moment.
02 mars 2006 à 17:333
bonjour,
04 juin 2006 à 14:27pas un commentaire mais une demande de renseignements. je ne suis pas une initiée du monde de la finance et de la fiscalité, et je cherche à comprendre pourquoi on dit de Perenco qu'il s'agit d'une entreprise "française", lorsqu'elle se dit "européenne" avec un siege à Londres et un autre à Paris. cette question peut vous paraître anodine mais pour moi il est très important de savoir ce qu'il en est exactement... merci d'avance pour vos éclairages
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