Alitalia : atterrissage forcé ?

GraficoalitaliaSi je titrais il y a peu de temps Alitalia convol en vue ... il semble que même ce mariage de raison ne suffirait pas à renforcer la valeur de la promise.

En effet, la compagnie aérienne italienne a connu une semaine boursière noire avec une chute de 30% de son titre , les analystes craignant que l'augmentation de capital d'un milliard prévue par la compagnie ne suffise pas à résoudre ses difficultés.
Le cours avait déjà abandonné 13% mardi au lendemain du lancement de l'appel au marché.

L'action est considérée désormais comme une valeur déclassée. Par ailleurs , les investisseurs institutionnels se retirent, n'ayant aucune confiance dans son avenir.

L'augmentation de capital se fait sur la base de 0,80 euro par action, soit une décote non négligeable, mais de nombreux actionnaires ont déjà annoncé qu'ils n'y souscriraient pas. Les porteurs d'actions Alitalia peuvent acheter 13 actions nouvelles pour deux détenues et le détenteurs d'obligations émises par le groupe recevront 13 titres pour 60 obligations.

L'annonce par Air France KLM de son intention de souscrire à l'augmentation de capital pour maintenir sa participation à 2% n'a pas suffi à rassurer le marché, l'investissement de 20 millions d'euros que cela représente étant jugé insuffisant .
Pour rappel, l'opération, garantie par un consortium de d'une dizaine de banques – dont la Société Générale - et conduite par la Deutsche Bank doit s'achever le 2 décembre.

A lire également pour plus de détails sur l'opération et les diverses positions concernant un éventuel "mariage" : cf. Alitalia convol en vue

 

3 Commentaires

  1. 1

    Elisabeth

    Alitalia: les syndicats appellent à une troisième journée de grève lundi

    ROME, 20 jan 2006 (AFP)

    Les syndicats de la compagnie aérienne italienne Alitalia ont appelé à une nouvelle journée de grève lundi pour protester contre la dégradation de leurs conditions de travail, mais le gouvernement a écarté toute aide financière.

    "C'est une crise sans fin", a déploré le ministre du Travail Roberto Maroni.

    "Les syndicats demandent au gouvernement d'intervenir, mais nous l'Union européenne limite nos moyens d'action et le gouvernement ne peut pas donner d'argent", a-t-il souligné.

    "Soit Alitalia réussit à rester sur le marché, soit elle ne le peut pas. Mais aucune intervention publique n'est possible", a-t-il ajouté.

    Les pilotes de la compagnie ont décidé vendredi en fin de journée de ne pas faire grève le lundi 23 janvier, ont annoncé leurs syndicats.

    Les personnels de la compagnie ont fait grève jeudi et ont poursuivi leurs manifestations vendredi.

    La compagnie a été contrainte d'annuler 122 vols jeudi. Aucune indication sur d'éventuelles les perturbations n'a été communiquée vendredi soir.

    "Alitalia s'emploie à limiter les désagréments pour ses clients grâce à ceux de ses personnels qui montrent un sens des responsabilités et du devoir", a simplement précisé la compagnie dans un communiqué.

    Selon la procédure prévue par la loi sur le service minimum, les vols seront assurés lundi de 07H00 à 10H00 locales le matin et de 18H00 à 21H00 le soir.

    Le ministre italien des Transports Pietro Lunardi a pour sa part menacé les grévistes de sanctions, car les syndicats ont refusé d'obtempérer à sa demande de différer leur première journée de grève jeudi.

    Les syndicats dénoncent particulièrement le plan de redressement de la compagnie lancé à l'automne 2004, prévoyant 3.700 suppressions d'emplois, et qui a été durci en décembre par de nouvelles mesures d'économies, comme l'hypothèque des avions.

  2. 2

    Jean-Charles

    Comment vont les finances d'Alitalia ?

    Cette question est légitime quand on connaît les faits suivants :
    - Alitalia m'a prélevé 3 fois, "par erreur", le montant d'un même billet d'avion alors que le site indiqué que l'opération avait échoué,
    - sur mon insistance, ils finissent par reconnaître leur faute mais ne peuvent rembourser qu'au bout de 90 JOURS,
    - quand, enfin, je reçois un remboursement, il n'est que d'un billet au lieu des trois prélevés,
    - de plus le virement est avec une date de valeur à 30 jours.
    C'est vraiment un comportement inacceptable, à croire que leurs problèmes de trésorerie, s'ils en ont, sont tel qu'ils doivent "jongler" avec l'argent des clients !

  3. 3

    Elisabeth

    Pas trop réjouissant :( ...
    -----------------------------

    Selon son PDG, Alitalia est menacée de disparition
    LE MONDE | 06.10.06 | 14h58 •

    Dans le contexte actuel, Alitalia n'est pas en mesure de générer de rentabilité, même pour le capital déjà investi." C'est un constat d'échec de sa propre gestion que Giancarlo Cimoli, le PDG de la compagnie aérienne italienne, a adressé, mercredi 4 octobre, à la Commission transports de la Chambre des députés, qui a prévu de l'auditionner le 11 octobre.


    Moins d'un an après une augmentation de capital de 1 milliard d'euros, Alitalia - dont l'Etat italien conserve 49 % du capital - n'a pas réussi à redécoller.

    L'espoir d'un retour à l'équilibre fin 2006, comme promis aux nouveaux actionnaires, s'est évanoui avec l'annonce récente du creusement des pertes au premier semestre : 221,5 millions d'euros, contre 124,7 millions en 2005. Le trou devrait atteindre au moins 300 millions d'euros en fin d'année, d'autant que le chiffre d'affaires des huit premiers mois est inférieur de 193,8 millions au budget.

    Le patron d'Alitalia, aux commandes depuis le 5 mai 2004, avoue son impuissance : "Il n'y a pas de place pour la survie d'un transporteur aérien national, vu que plus on augmente les heures de vol, plus on augmente les pertes."

    Sur un siège éjectable depuis que quatre ministres ont demandé son remplacement, M. Cimoli joue son va-tout. En rendant public ce qu'il va dire aux parlementaires le 11 octobre, il anticipe la réunion, prévue la veille, entre les organisations syndicales du secteur aérien et le président du conseil, Romano Prodi. Ce jour-là, le gouvernement devrait présenter les grandes lignes d'un énième plan industriel.

    Dans son diagnostic, le PDG d'Alitalia dénonce "des problèmes structurels" extérieurs à l'entreprise, comme "l'inefficacité" de l'organisation de l'aviation civile et du système aéroportuaire italien, ou "la distorsion de concurrence" dont bénéficieraient les concurrents à bas coûts.


    "GESTION RAVAGEUSE"


    Mais il pointe aussi les coûts de personnel - "souvent supérieurs de 50 % à ceux des autres acteurs nationaux" - et les rigidités de gestion des ressources humaines liées à un pouvoir excessif des syndicats. Pour éviter le désastre, il propose au pouvoir politique un programme de la dernière chance qui, dit-il, "doit être décliné sans atermoiements ni hésitations".

    Pour les syndicats, l'initiative de M. Cimoli ressemble à un baroud d'honneur. Le départ de cet homme, qui avait redressé la Société nationale des chemins de fer avant d'être appelé au chevet d'Alitalia, est pour eux "la conséquence ultime d'une gestion ravageuse".

    Jean-Jacques Bozonnet
    Article paru dans l'édition du 07.10.06

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