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Le Ramadhan, c’est aussi le mois de l’année qui enregistre une nette baisse de productivité en Algérie. Une défaillance qui, si elle reste tolérée collectivement par les nationaux, gouvernants et gouvernés à l’unisson, continue à indisposer bon nombre de patrons d’entreprises étrangères dont la finalité commerciale de leurs activités ne semble guère s’encombrer d’autres considérations, religieuses fussent-elles.
A l’heure où l’Algérie semble plus qu’engagée dans son adhésion à l’économie mondiale, par la signature de l’accord d’association avec l’Union européenne (UE) et une prochaine adhésion à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), la libre circulation des biens et des personnes entraînera, indubitablement, des changements de cap et des révisions dans un avenir proche.
I - Le point de vue du Directeur marketing d'un opérateur de téléphonie mobile algérien
Directeur marketing de l’opérateur de téléphonie mobile Wataniya Algérie (Nedjma) Robert. A. Demers relativise la baisse de productivité durant ce mois partculier. Pour M. Demers, « l’exception est de ne pas avoir avec nous les employés après 3 heures de l’après-midi pour participer au développement de certains dossiers. Nous nous ajustons au rythme et cela nous permet de reprendre du travail en retard ou avancer dans d’autres dossiers que nous partageons le lendemain matin avec nos confrères algériens ». Le directeur marketing de Nedjma considère qu’il n’y a pas de réduction au niveau productivité de la part des étrangers. Il trouve même que les collaborateurs de Nedjma qui pratiquent le Ramadhan « n’ont pas du tout démontré un essoufflement au niveau productivité ». Pour lui, il n’est point difficile pour un étranger de travailler durant ce mois en Algérie. Quant aux horaires de travail, il dira : « Le matin la majorité entrent au travail comme d’habitude et quittent à 3h PM. »
II - Une meilleure planification du travail
Interrogé quant à une éventuelle estimation de la perte de rendement durant ce mois de jeûne, M. Demers trouve que c’est très difficile de chiffrer la perte de productivité durant cette période. « Nous avons l’habitude de faire un travail d’équipe et de se répartir des tâches et projets. Durant la période de Ramadhan, la situation ne se détériore pas, et même au contraire nous réussissons à composer avec la réduction des heures disponibles par une meilleure planification du travail », a-t-il indiqué. « Par exemple, nous venons de terminer un travail de planification stratégique de grande importance et tous ont collaboré chacun à son niveau de responsabilité. Je suis très fier des employés de Nedjma. Ils sont des professionnels et performants », a-t-il rassuré.
III - L'avis du Directeur général de la compagnie aérienne Air France à Alger
Le directeur général de la compagnie aérienne Air France à Alger, Bruno Grégoire, considère, pour sa part, que l’activité économique est au ralenti, « ce qui a un impact négatif certain sur l’activité de l’entreprise », a-t-il indiqué. La réduction d’une heure des horaires de travail (8h30-15h30) pénalise les hommes d’affaires qui, dit-il, « doivent avoir leurs billets à tout moment ». Si cette réduction ne pose pas de problème pour les particuliers, selon le DG d’Air France, « les hommes d’affaires ici en Algérie se plaignent et se sentent pénalisés puisque l’activité commerciale et économique continue ailleurs au moment où elle s’arrête chez nous ». D’autre part, Bruno Grégoire « trouve dommage l’absence d’activité et de vie sociale durant ce mois ». « Aucun restaurant n’est ouvert la nuit, s’étonne-t-il, où les étrangers doivent aller à l’hôtel pour manger. » Même si le Ramadhan reste un mois de fête et de partage entre les familles algériennes, selon le DG d’Air France à Alger, « une vraie pression sociale s’exerce sur ceux qui ne font pas carême, contrairement au Maroc et à la Tunisie », a-t-il conclu.
IV - Une activité au ralenti
L’activité économique se retrouve, un mois durant, victime d’un ralentissement considérable, même dans les administrations où le phénomène est beaucoup plus répandu. Même si les textes sacrés exhortent les musulmans de ne pas tomber dans le piège de la paresse, le changement des habitudes alimentaires et du climat du travail affecte le rendement. Certains préfèrent même aller travailler après la rupture du jeûne pour compenser le retard accumulé durant la journée. Comment pallier ce phénomène ? Peu de solutions existent, sinon aucune puisque beaucoup de chefs d’entreprises, eux-mêmes, mettent en veilleuse toute l’activité professionnelle et encouragent indirectement leur personnel à l’improductivité sous prétexte que c’est un mois où le travail est relégué au second plan. Mais en l’absence de statistiques et de données chiffrées sur l’impact du mois de Ramadhan sur l’activité économique, le seul constat que l’on puisse faire à ce sujet est qu’en ce mois de la "baraka" -qui signifie abondance et richesse - la consommation atteint son pic alors que la production stagne, sinon recule et redescend au plus bas niveau.

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