Ce qui suit peut sembler en contradiction avec ce qui précède... Connais-toi toi-même et le marché t'aidera (5).
Mais l'univers boursier est un noeud de contradictions avec lequel il faut en permanence frayer.
Toujours plus...
L'avidité devient un vilain défaut dès lors qu'elle fait perdre sa lucidité à l'opérateur. Pour s'en prémunir, une solution méthodique consiste à prendre ses bénéfices dès que la position est gagnante de x%.
Le syndrome du joli coup...
Attention à ne pas se laisser griser par le joli coup de bourse, celui qui donne trop confiance en soi, remplit de suffisance, fait aimer exagérément le risque, prendre des positions mal soupesées et commettre des erreurs. Avoir réalisé un joli coup exige de renforcer son attention juste après, ne pas se déconcentrer. Par prudence, mieux vaut laisser un peu de temps s'écouler avant d'entreprendre une nouvelle opération.
L'argent coupable...
L'argent facile peut provoquer un sentiment de culpabilité chez le spéculateur. Cela a l'air bête, mais aux dires des coach des salles de marchés américaines, c'est un sentiment répandu parmi les jeunes traders, qui brident leurs capacités de gain - un défaut relativement mineur...
Chez les gérants de portefeuille, il y a souvent les "bons acheteurs" et les "bons vendeurs" - qui ne sont pas les mêmes !
Et avec un peu d'introspection, je suis là du coeur des opérations boursières. Il est impossible d'acheter et de vendre objectivement au meilleur moment. Ce n'est qu'après coup que le meilleur moment a eu lieu.
En revanche, chaque trader peut lutter contre ces biais psychiques qui poussent à être "acheteur précoce" et "vendeur précoce".
Acheteur précoce...
Qui n'a jamais craint de rater une hausse ? La peur de rater le départ... Le souvenir d'avoir manquer une belle hausse... La précipitation, qui comme dans de nombreux sports, est très mauvaise conseillère... Or le plus souvent lorsqu'un titre baisse, il n'a pas fini de baisser ! il peut aussi végéter durant des mois, voire même des années... Ainsi, hormis le cas où le marché du titre est peu étoffé (certaines petites valeurs), et où il faut donc du temps pour constituer une importante position, rien n'excuse d'être atteint du travers de "l'acheteur précoce".
Le vendeur précoce...
Le manque de confiance en soi explique la propension de nombreux opérateurs à prendre ses bénéfices dès qu'ils apparaissent. Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras dit le proverbe populaire. La rémunération n'est donc pas à la hauteur des risques pris et encourus.
Ce n'est pas seulement le manque de confiance en soi : c'est aussi ne pas croire à la persistance d'un mouvement, oublier que plus un mouvement met du temps à se mettre en place, plus il est porté par son inertie - si j'ose dire.
Tenir la hausse (ou la baisse) est, je l'avoue, est exercice difficile pour un trader - d'autant plus difficile que la hausse ou la baisse devient extravagante, irrationnelle.
Je le redis : tenir sa position tant que le mouvement lui est favorable est pourtant la meilleure façon de battre les indices.
Les meilleurs traders tiennent bon. C'est très sportif !
Décidément, les constructeurs automobiles asiatiques veulent le marché américain - et indirectement, la peau des constructeurs américains.
Après Hyundai, qui vient d'inaugurer une ligne de production aux Etats-Unis, le numéro 2 mondial Toyota annonce qu'il pourrait bâtir une nouvelle usine au Canada - déjà 6 usines en Amérique du Nord et peut-être une huitième d'ici 2010.
Produire là-bas, c'est bien sûr se protéger contre la baisse du dollar, mais c'est aussi le signe de la volonté de vendre davantage en Amérique du Nord.
Le marché du conducteur local va donc se durcir de plus en plus et les marges tendre à se réduire...
Dur dur d'être actionnaire de General Motors, Ford...
Quand j'écris que le transport aérien est un secteur ingrat, je sous-estime encore ses difficultés : selon l'association du transport aérien international, la perte annuelle globale du secteur en 2005 s'élèverait à 6 milliards de dollars (contre 5,5 précédemment annoncé).
Déjà l'an dernier, le secteur était en perte de 4,8 milliards de dollars - les compagnies américaines flirtant avec la faillite.
La généralisation des nouvelles technologies (billets électroniques, bagages avec étiquettes à radio-fréquence...) pourraient générer, justement, environ 6 milliards d'économies d'ici 2 années. Mais c'est insuffisant pour un secteur de 400 milliards de chiffre d'affaires. Comment peut-on être à la fois un secteur structurellement fragile et porteur de croissance économique générale ?
Je n'ai pas la réponse.
En bourse, le secteur ne peut être qu'un investissement transitoire... Jouer un redressement... voire une chute le cas échéant...
Pendant ce temps-là, les constructeurs (Airbus, Boing, Embraer...) et équipementiers aéronautiques (Latécoère en France) caracolent. Méfiance. Prudence.
Ces derniers mois, les faveurs de la presse financière et des analystes allaient vers TF1 plutôt que vers M6. "On" jouait le leader, arguant que M6 était en panne de croissance et allait être dépassée par les événements TNT.
Or, en mai, M6 a gagné en audience (13,7% contre 12% en mai 2004) alors que TF1 en a perdu (31,7% contre 33% en mai 2004). L'évolution des recettes publicitaires semestrielles de M6 pourraient donc être moins défavorables que celles de TF1.
En plus, et cela je l'ai déjà écris ici, M6 est la chaîne la plus rentable du PAF et l'action qui offre le rendement le plus élevé.
A cette heure, il est dur d'évaluer l'impact du "non" français sur le CAC 40.
Je rappelle juste que les grandes gestions internationales raisonnent par continent ou sous-continent.
Il est vraisemblable que, globalement, elles lèvent le pied sur la zone euro, au profit des Amériques et des Asies.
En bref, la zone euro va se voir affubler, progressivement, d'une "prime de risque" supplémentaire - en l'occurence il s'agit d'une décote d'incertitude.
Si Wall Street reste haussier, cet effet négatif devrait se diluer, et n'être pas trop douloureux pour les portefeuilles d'actifs boursiers.
A court terme, le CAC 40 va-t-il marquer un double top en "M" graphique dans la zone 4130-4150 ? L'ouverture en baisse ce matin corrobore cette figure. Faut voir ce soir et demain. Je recommande la lecture de la note (purement graphique et technique) de mon collègue et camarade de laviefinanciere.com. Un retour du CAC 40 vers 3900-3950 est plausible.
Notes des 11 mai et 19 avril :
Ce matin, une locomotive d'une filiale du groupe Veolia a circulé sur une ligne proche de la frontière allemande.
Il s'agit d'un essai avant le lancement le 13 juin de la première ligne privée de fret (transport de chaux vers les acieries allemandes) pour un contrat de 10 millions d'euros étalé sur 5 ans.
L'air de rien, l'événement est historique.
Logiquement, les représentants syndicaux de la SNCF se plaignent de ne pas jouer à armes égales avec les compagnies privées- moins endettées que la SNCF.
Certains voient un effet négatif de Bruxelles sur la France, d'autres au contraire un événement positif dans la durée : eh oui, il ne s'agit pas seulement de prendre des contrats à la SNCF, mais de développer le ferroutage en France (et en Europe) - un moyen de transport beaucoup plus écologique que les poids lourds...
Pour l'instant, il s'agit d'un symbole - mais ça ne le restera pas...
Sur le marché libre se trouve le petit groupe EFE(Edition Formation Entreprise), qui a réalisé quelque chose comme 21 millions d'euros de chiffre d'affaires. Sa capitalisation boursière, qui a triplé en moins de trois mois (à 21 millions d'euros aussi), semble donner une ambition démesurer au patron d'EFE : il veut acheter la Cegos - 144 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2004.
Je rappelle que la Cegos, qui est la plus ancienne société française de conseil et de formation aux entreprises, est détenue par ses clients et par ses salariés ou anciens salariés.
Selon un chiffre reporté par Les Echos du jour, EFE aurait proposé 100 millions d'euros - un chiffre crédible étant donné les résultats assez faibles de la Cegos (1 million d'euros en 2004).
Je suppose pour ma part que si la Cegos est à vendre, elle bénéficiera d'une contre-offre. Par exemple, en provenance, du numéro 1 mondial du travail temporaire Adecco, qui cherche à monter en gamme (et en marge) en se développant dans le conseil (achat récent d'Altédia).
Ceci dit : EFE signale au marché sa volonté de développement... Et l'action, sur la base des 2 millions d'euros de résultat en 2004, n'est pas chère, avec un PER de moins de 11...
En moins de trois mois, la seconde capitalisation boursière du CAC 40 a grimpé de près de 25%. Sanofi-Aventis est vraiment la star du moment.
Pourtant, le procès "Plavix" va commencer - la justice américaine va examiner la validité du brevet aux Etats-Unis, dont la protection dure jusqu'en 2011 mais qui est contestée par les deux fabricants de médicaments génériques Apotex et Dr Reddy's.
Si une issue défavorable intervenait à compter de début 2006, le chiffre d'affaires estimé aux Etats-Unis pour 2006 (source banque Merrill Lynch) tomberait de 3 milliards d'euros à 600 millions... Et les bénéfices de ce médicament disparaitraient...
Le résultat total annuel du groupe serait amputé d'au moins 10% en 2006, et davantage au cours des années suivantes.
Alors que ce risque pesait lourdement sur le titre jusqu'en fin d'année, il semble aujourd'hui comme légèrement oublié par le marché.
Une chute de 10 à 15 % est possible d'ici quelques mois. Après l'été, je dirai qu'il ne faudra plus être acheteur à découvert sur la valeur - juste au comptant.
Alstom, dont le cours de bourse s'est bien repris ces dernières semaines, aurait tout à gagner d'un rapprochement circonstancié avec Siemens.
La rumeur, qui resurgit, informe qu'Alstom apporterait à Siemens ses activités dans l'énergie tandis que les activités trains à grande vitesse de Siemens rejoindraient celles d'Alstom.
Du bon sens enfin ! Cette union dans les trains rapides me semble indispensable pour conquérir les marchés futurs de Chine et d'Inde. Il s'agirait du pendant d'EADS dans les trains rapides.
Bien sûr, ce regain de rumeur n'est pas anodin au moment où le couple franco-allemand va, malgré tout, tenter de donner des signes forts démontrant la solidité de son union.
Et franchement, cette union partielle et industrielle avec Siemens me semble beaucoup plus appropriée qu'une union forcée et indifférenciée avec Areva -comme le gouvernement français, décidément très nationaliste, le souhaitait.


