Pernod-Ricard dans les volutes de la fête (1/2)

Il est justifié d’applaudir : un n°3 mondial rachète n°2 avec un montage financier à même de satisfaire les différents actionnaires. L’action gagne 20% depuis le début de l’opération - Pernod-Ricard bénéficie d’un a priori favorable : l’intégration (la distillation ?) réussie des alcools du groupe Seagram.

Il est aussi louable d’applaudir au dynamisme d’un groupe qui n’hésite pas à mettre sa richesse en danger. L’opération tranche avec la forme la plus conventionnelle de l’investissement contemporain : le rachat d’actions – pardon, la « destruction de capital » je veux dire.

Enfin, il est légitime de saluer l’homme -Patrick Ricard : à 60 ans (à trois ans de sa retraite), la volonté de lancer cette opération d’envergure pour couronner sa vie professionnelle chez Pernod-Ricard. Sur ce registre, j’apprécie que certains journalistes économiques sachent sortir une plume nourrie de lucidité, d’expérience et de sens du « juste » : dans un éditorial des Echos (21 avril), Patrick Lamm écrit : (…) Patrick Ricard récolte aujourd’hui les fruits d’une politique patiente, d’une stratégie de fourmi. On l’a critiqué au départ pour sa gestion trop prudente, trop attentiste. En réalité, le professionnel qui a emmagasiné les compétences sur le terrain et non dans les grandes écoles, s’est bonifié lentement comme un des alcools. Son heure arrive aujourd’hui et son parcours atypique parmi les patrons du CAC 40 démontre que la force de caractère, le bon sens et l’expérience comptent plus dans la réussite d’une entreprise que les raisonnements brillants, les fulgurances et les effets de mode qui ont fait chuter ces dernières années tant de PDG plus doués pour les plateaux de télévision et les tréteaux que pour le business. »

Mais...

 

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