Un « non » au référendum sur la constitution européenne peut-il peser, dans le temps, sur la valorisation des actions européennes ?
Je ne vais pas ergoter : oui !
Et pourquoi, me direz-vous, alors que la valorisation boursière des grandes entreprises ne dépend plus, depuis belle lurette, du contexte politique et économique intérieur ?
Justement, elle dépend de l’extérieur, et les investisseurs étrangers qui comptent pour près de la moitié au capital des valeurs du CAC 40 vont « taxer » les actions européennes d’une prime de risque supplémentaire.
L’incertitude, toujours l’incertitude, un cadre politique instable, l'avenir flou de l'Europe et de l'euro. En valeur relative, le CAC 40 pourrait avec le temps (et toutes choses égales par ailleurs) perdre de l’ordre de 10%.
Pour que le « oui » l’emporte, quel coup de « génie » Jacques Chirac peut-il sortir ? Il pourrait prendre exemple sur son prédécesseur qui, à l’occasion du référendum sur le traité de Maastricht, avait sorti un joli coup de comédie politique ! Lors d’un débat télévisuel très attendu qui devait l’opposer au virulent Philippe Seguin, François Mitterrand avait simulé un malaise en coulisses, en sorte que Monsieur Séguin fut interloqué et n’osât pas se montrer dur et agressif dans son argumentation en faveur du non. Le "oui" avait gagné à ce moment précis. Mémorable…
Pour le moment, J. Chirac a sorti sa carte de Villepin : « oui » ou « non », il y aura du changement politique dans ce pays : un nouveau Premier ministre !
Les mécontents, dont l’intention est de voter « non » pour cause d’immobilisme intérieur, se voient donc couper l’herbe sous le pied. Mais c’est légèrement cousu de fil blanc, le Président de la République joue avec le feu, un peu comme Premier ministre espagnol Aznar l’avait fait le 11 mars 2004…
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