Articles parus en avril 2005

Le blog finance recrute

recruitment.jpgVous êtes passionné d'analyse technique, incollable sur les hedge funds, expert en devises ou en matière première ? Vous maitrisez la dette émise en monnaie souveraine sur plus de 2 continents et l'econométrie est votre principal hobby ? Vous êtes tout cela à la fois ou au contraire rien de cela mais estimez avoir un point de vue et êtes prêt à en débattre? Le blog finance est toujours à l'écoute de sa communauté, rejoignez la communauté des auteurs du blogfinance.com! Pour cela, merci de nous faire parvenir un mail ici en nous indiquant vos motivations.

ST Microelectronics vers les tréfonds ?

L'annonce de résultats trimestriels en perte en a remis une couche sur l'action ST-Microelecronics - leader européen des puces avec Infineon-, déjà en très mauvaise posture.

Les investisseurs ont de quoi craindre l'avenir : en 10 ans, il s'agit de la seconde perte trimestrielle...

C'est une malédiction qui sévit sur les deux principales valeurs technologiques du CAC 40 (avec Alcatel).

STM conserve toutefois une bonne longueur d'avance dans la compétition baissière : sur dix ans (mai 1995), l'action ST Microelectronics conserve un gain de plus de 100% tandis qu'Alcatel affiche une perte de 40%.

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Les Européens bricolent moins ?

L'action Kingfisher a perdu 10% en 5 séances pour revenir au niveau d'avril 2003.  Le groupe, qui est le roi du bricolage en Europe avec les enseignes de distribution B&Q, Castorama et Brico-Dépot a lancé un avertissement : chiffre d'affaires et résultat seront en-deçà des attentes pour le trimestre achevé à 30 avril. A surface de vente comparable, les ventes seraient en baisse de 6% et le résultat d'exploitation de 15% environ. Et le reste de l'année ? La direction a fait savoir que la consommation britannique pâtit de plus en plus de la pression fiscale et du renchérissement du crédit. Tiens, tiens...

En France, les enseignes Mr Bricolage et Bricorama connaissent des fortunes opposées en ce moment : le titre Mr Bricolage poursuit sa descente aux enfers, et les chiffres du premier trimestre confirment que le n°1 Kingfisher n'est pas isolé.

Quant à Bricorama, les chiffres du premier trimestre ne sont pas encore connus. L'action est au plus haut depuis 3 ans, les actionnaires devraient se méfier...

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Le défi de Ghosn

"Le défi de Ghosn" pourrait être un cas d'école de management.

Chacun le sait maintenant : Ghosn le redresseur de Nissan - une idole au Japon - succède dès lundi à Louis Schweitzer à la tête de Renault.

Comme il le dit, c'est la première fois qu'il prend la direction d'une entreprise qui va bien. Ce n'est pas anodin ! Certains patrons réussissent mieux en redresseur ou sauveur d'entreprise.

Là, ça roule, et la voie est tracée (planifiée...) pour les 5 prochaines années : faire progresser les ventes de 8% par an, atteindre 4 millions de véhicules vendus par an en 2010, grâce à la "logan" - cette voiture bon marché qui est le bébé de Schweitzer.

Si ça ne marchait pas, il pourrait toujours aller chez GM, Ford ou Daimler-Chrysler...

Ma préocupation - à laquelle je ne sais pas répondre là : où sera l'action Renault le 29 avril 2010 ?

Sur les 10 dernières années, le parcours est brillant, pour une action de constructeur automobile je veux dire : multipliée par 2,5.

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M6 double TF1

M6 a grandi plus vite que TF1 au premier trimestre.

La chiffre d'affaires (communiqué) a gagné 4,2%, à 305 millions d'euros contre une stabilité pour TF1 (714 millions d'euros aux nouvelles normes comptables IFRS).

Le recettes publicitaires ont progressé plus vite et les parts d'audience ont été les plus élevés depuis la création de la chaîne. Les chaînes thématiques ont le vent en poupe avec croissance de 20% du chiffre d'affaires.

Les craintes liées à la TNT me semblent exagérées, voire mal perçues.

La valeur procure à la fois un des meilleurs rendements récurrents de la cote (4,2% au cours d'aujourd'hui) et reste, à mon sens, une valeur de croissance - certes modeste pour le moment !

Bien que malmenée en bourse depuis plus d'une année, la valeur reste sur une trajectoire boursière haussière sur le très long terme.

Parfaite maintenant dans un PEA : rendement et potentiel en capital.

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Prends l'oseille et tire toi ?

Les deux premières séances de l'année 2005 avaient commencé bizarrement à Wall Street : un fort repli, une chute pratiquement. Comme pour signifier que la hausse très soutenue depuis l'élection présidentielle était de la pacotille.

Ces deux premières séances de l'année étaient donc un signe avant-coureur : Wall Street est revenue hier au point de début novembre - légèrement plus bas même pour les valeurs technologiques du Nasdaq.

Les craintes dominent d'un atterrissage douloureux du "système de consommation" et du marché immobilier.  La publication, hier, des estimations de croissance américaine au premier trimestre a enfoncé le clou à Wall Street : 3,1% (en rythme annuel) contre 3,5% attendu.

L'Europe a bien résisté en janvier et février. Un phénomène rarissime. Puis un repli a démarré. Le CAC 40 est aujourd'hui sur la corde raide - il peut y rebondir.

Hier et ce matin, le CAC 40 est entré dans la zone décrite dans ma note Radioscopie du CAC 40 (1/5) du 17 avril.

Si la conjoncture est morose en Europe, la situation financière des entreprises est bonne et la valorisation est modeste, d'autant que les taux à 10 ans sont bas, très très bas.

Mes avis énoncés dans les notes suivantes sont de circonstance :

Valeurs résistantes à la baisse (2/5)

Valeurs à l'unisson du marché (3/5)

Valeurs glissantes avec rebond incertain (4/5)

Valeurs glissantes mais re-hausse puissante (5/5)

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Alcatel, mon désespoir (5)

Je n'ose plus regarder en face ni les chiffres, ni surtout le cours de bourse.

Un fiasco cette action.

Pourtant, les résultats publiés ce matin sont plutôt bons en soi - mais ils sont moins bons que ce qu'attendaient les analystes et le marché. Bigre, pourquoi sont-ils trop optimistes sur Alcatel ? Pourquoi ne sont-ils pas volontairement pessimistes afin d'être agréablement surpris ? Un effet à la Wavecom serait, un jour, le bienvenue (+40% ce matin !)

Mais enfin, dans la durée, il n'y a pas que les chiffres publiés ce matin : la stratégie reste difficile à comprendre. Où sera le groupe dans 4 à 5 ans ? Je demande la lumière svp.

Et il y a cet imbroglio politico-militaro-interpersonnel entre Alcatel et Thalès - je devrais dire entre Serge Tchuruk et Denis Ranque, le PDG de Thalès. L'un veut un mariage avec Thalès. L'autre est d'accord mais à condition que Finmeccanica l'italien fasse partie du mariage. Et l'italien serait d'accord, mais s'il obtient une part égale à celle de Thalès... Au gouvernement français de trancher. Et ce n'est pas demain la veille !

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Les premiers effets d'un hypothétique "non"

Dommage, je me réjouissais de couvrir le dossier GDF à l'occasion de l'ouverture de son capital, en mai.

Mais le gouvernement semble davantage préoccupé par le référendum européen et ses risques de collusion avec GDF. Des risques, de fait, il n'y en a guère. Mais selon le principe de la réflexivité cher à Georges Soros, la perception déformée de la réalité a un impact réel sur la réalité.

Ainsi, les observateurs qui glausent sur le fait qu'un "non" laisseraient de marbre les marchés ont déjà tort.

EDF, dont les comptes sont nettement moins bons que ceux de GDF, va-t-il venir en bourse en premier ? Cela inverserait la logique selon laquelle en matière de privatisation, le gouvernement vend d'abord ce qu'il a de mieux et de plus facile à mettre en bourse.

En vérité, le gouvernement commet une erreur : l'important pour lui est de combler ses déficits...

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Le destin des fabricants de portables

A l'exception de Nokia (n°1 oblige) et presque miraculeusement de Sagem, le destin économique des constructeurs européens de téléphones portables semble être de s'associer avec un constructeur asiatique.

Ericsson avait commencé avec Sony.

Alcatel a suivi avec le chinois TCL.

Et Siemens a ouvert la voie juridique pour céder (ou associer) sa filiale de portables déficitaire. Sachant que Siemens a signé en 2004 un accord de garantie d'emploi pour 3500 salariés de deux sites allemands de construction...

Les grands gagnants sur le marché mondial des portables sont les géants coréens Samsung et LG, qui ont connu les plus fortes croissance en volume au cours des premiers mois 2005. Ils se situent aux troisième et quatrième rang derrière Nokia et Motorola, et devant Sony-Ericsson et Siemens.

Les ventes de terminaux Siemens ont chuté de 27% au premier trimestre...

J'attends avec impatience les chiffres trimestriels de Sagem. Attention, une déception est possible.

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Bush pense à l'uranium

Pour qui s'intéresse à l'économie et aux stratégies d'investissement, suivre la politique énergétique des Etats-Unis est un must.

Or Bush vient de s'exprimer, hier, à ce sujet.

L'énergie nucléaire reviendrait sur le devant de la scène. C'est un renouveau : la dernière commande de centrale nucléaire date de 1973...

Si le sénat américain accepte les propositions du gouvernement, une loi pourrait être adoptée au cours des mois qui viennent.

Si ce tournant américain se confirmait, les premières compagnies à en profiter seraient les entreprises d'extraction du minérai : la première, le canadien Cameco ; la seconde le français Cogema (Areva) ; viennent ensuite les compagnies généralistes Rio Tinto, BHP Billiton ; et WMC.

Les ensembliers Areva et Westinghouse sont concernées en premier lieu, ainsi qu'une ribambelle d'équipementiers et de sociétés de services.

Assystem-Brime, par exemple, était à l'origine une société spécialisée dans l'ingénierie et l'assistance technique nucléaire. Un "renouveau" du nucléaire lui profiterait évidemment car elle a conservé des savoir-faire et des réseaux dans ce secteur.

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Wavecom revient de loin

Je me presse pour lancer cette note avant l'ouverture de la bourse.

Oui, Wavecom revient de loin, qui vient d'annoncer un résultat opérationnel positif pour le premier trimestre, ainsi qu'une légère amélioration de la trésorerie.

Cette bonne nouvelle intervient après des trimestres successifs de pertes d'exploitation calamiteuses.

Le groupe producteur de modules de radiocommunication sans fil (hard et soft) a dû opérer un changement radical de stratégie : arrêter les modules pour téléphones portables, où la croissance avait été exponentielle avec la Chine pour se consacrer aux applications professionnelles "machine to machine" - un secteur moins concurrencé et où la valeur ajoutée est plus élevée.

J'estime que les résultats trimestriels devraient permettre d'inverser la tendance baissière en place depuis fin 2003. A suivre.

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ECA-Cybernétix : un groupe en formation

L'Europe de la construction aéronautique est en bonne voie. Reste à faire l'Europe des chemins de fer et de la marine. Avec ses constructeurs et ses équipementiers.

La marine, justement. Les sociétés ECA et Cybernétix - sans doute inconnues du public- ont des positions de niche très fortes dans la robotique, en particulier dans la robotique sous-marine. ECA est co leader mondial des "drônes sous-marins" anti-mines.

Cybernétix a connu d'importants déboires financiers - des diversifications hasardeuses menées malgré une sous-capitalisation.

L'annonce de la reprise par l'actionnaire majoritaire de ECA (Pelican Venture) des 14 % du capital de Cybernétix détenus par Technicatome (Areva) est un premier pas vers un mariage des deux équipementiers situés à Toulon et Marseille.

En bourse, je ne m'attends hélas pas à une revalorisation significative de Cybernétix, qui est encore sur la corde raide financière. Si ECA lancait une OPA maintenant, l'offre serait déplorable.

Je recommande toutefois aux amateurs de "petits" dossiers de suivre dans la durée ces deux-là.

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Sauver Eurotunnel

On imagine mal le tunnel sous la manche, dont rêvait déjà Napoléon, transformé en une zone désaffectée, squatté par les SDF du monde en partance vers le Royaume-Uni, ou loué pour tourner quelques films d'horreur.

Non. Les trains passeront toujours sous la Manche. C'est une réalité intangible.

Eurotunnel est un cas : l'entreprise ne peut que vivre, mais financièrement, elle n'est pas viable.

Il y a quelques années, la blague d'actionnaires la plus triviale était : "j'achète pour mes arrière-petits enfants". Hélas, cet horizon lointain n'était qu'un mirage. La vocation de cette action est de tendre vers zéro. Les frais financiers sont structurellement supérieurs au cash que le groupe peut consacrer au remboursement de sa dette.

Au point que le nouveau patron Jacques Gounon n'hésite plus à parler de dépôt de bilan au premier semestre 2007.

Mais l'entreprise -cette grande oeuvre humaine- vivra !

La solution la plus simple serait que la partie insupportable des dettes (soit environ 5,6 milliards d'euros) soit effacée. Non pas transformée en capital comme par le passé car, là, le cours de l'action s'approcherait encore plus vite du zéro.

D'ici fin 2005, quel compromis ? Un point d'équilibre serait sans doute trouvé si les créanciers acceptaient d'annuler une partie de leurs créances, les actionnaires acceptaient une nouvelle dilution (via une conversion de dette en actions) et si, eh oui, les gouvernements français et britanniques ainsi que Bruxelles acceptaient de rembourser une partie des créances...

Nota : je déconseille fortement de tenter quoi que ce soit d'acheteur sur cette action. A ma connaissance, aucun nouveau Bolloré n'est entré au capital (comme ce dernier l'avait fait il y a quelques années avec une plus-value rapide). Spéculer à la baisse ? Il faut pouvoir tenir la position car elle ne baisse pas très vite...

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Au programme, la destruction du capital

Je nomme "destruction du capital", les énormes programmes de rachat d'actions, dont le sort final est d'être, attention pudeur, "annulées". Les autres appellent cela de l'optimisation du capital.

Comme je le disais, les grandes compagnies sont trop riches.

Certaines d'entre elles s'imaginent à la limite de la panne de croissance, comme l'Oréal ou IBM. Alors, faute d'imagination (?) et de prise de risque (?), elles rachètent leurs actions - ce qui mécaniquement faut montrer le bénéfice par action et soutient le cours.

Voir IBM, qui vient de lancer le plus gros programme de rachat d'actions de son histoire : 5 milliards de dollars. Voir l'Oréal, dont une résolution approuvée en assemblée générale, hier, l'autorise à racheter jusqu'à 10% de son capital au cours des 18 prochains mois.

Le rachat d'action est une forme "soft" de destruction de capital (c'est mieux que des pertes, ok) assez symptomatique de l'intégrisme du retour sur capitaux investis. Des exigences élevées dissuadent les entreprises de se lancer dans des investissements dont la rentabilité ne serait pas conforme aux canons. C'est une vision courtermiste de la vie économique. Être sélectif, oui, sclérosé et apeuré, non.

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PagesJaunes étonne

Les chiffres du premier trimestre 2005 ne risquent pas de remettre en cause la jolie tendance haussière dont bénéficie cette valeur depuis son introduction en bourse.

Ils sont bons. Le chiffre d'affaires a gagné 9%, à 200 millions d'euros (7,8% de croissance interne).

Les services internet ont encore bondi de 42%, à 52,8 millions d'euros ! ça, je dois dire, c'est très impressionnant (même si une partie de cette croissance vient de la baisse des services minitel).

Je rappelle par ailleurs que la valeur procure un des plus gros rendements récurrents du SRD. A ma connaissance, le prochain dividende de 0,93 euro sera détaché demain, soit 4,7% au cours actuel. Vu la tendance, le cours de bourse devrait le regagner assez rapidement...

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Spir Communication : ni délocalisation ni effet dollar

Spir Communication se définit comme un "acteur global de la communication de proximité". Chez Spir, il n'y a donc ni délocalisations ni d'effet dollar...

Au cours du premier trimestre, le chiffre d'affaires a gagné 17%, à 145 millions d'euros (15% en croissance organique !). La distribution d'imprimés est devenue la première branche du groupe avec un chiffre d'affaires de 61 millions d'euros (en progression de 38% !) devant le pôle "presse gratuite d'annonces" (les 176 journaux locaux Top'annonces) en petite croissance de 2,8%, à 58 millions d'euros. Enfin, troisième en taille, les magazines gratuits immobiliers qui affichent leur dynamisme (+19%, à 15 millions d'euros), à l'image du marché immobilier.

L'action a longtemps végété, avant de connaître un renouveau spectaculaire à partir de 2003. Elle a plus que doublé depuis.

Elle paraît chère aujourd'hui à plus 18 fois les bénéfices 2004. Mais le rendement reste correct à plus de 3%, et surtout, les perspectives de développement me paraissent importantes dans la durée : la libéralisation des services postaux devrait profiter à sa filiale Adrexo (distribution d'imprimés), et par ailleurs, le groupe dispose d'un réseau territorial lui permettant de capter la publicité locale, notamment via internet. Mais là, PagesJaunes veille, et les géants du web comme Google sont en embuscade...

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L'exception française du contrôle fiscal

JavertCela va bientôt faire vingt ans que Gianni habite parmi vous dans votre beau pays! Et ça fera bientôt vingt ans que je suis chaque année surpris de la sclérose provoquée dans mon entourage par l'ombre du contrôle fiscal! Je ne vous parle pas du petit contrôle, bien que souvent mesquin et futile, des personnes privées. Je vous parle des contrôles que subissent chaque année un nombre impressionant d'entreprises françaises. Ce qui se passe à l'intérieur desdites sociétés lors de ces descentes des brigades financières est ahurissant. Primo, ils ne viennent pas pour vous féliciter d'avoir contribué à l'augmentation du PNB. Secondo, toute la comptabilité de la boutique est mise sens dessus - sens dessous pendant des mois. Tertio, les inspecteurs comprennent et constatent ce qu'ils aiment bien constater et vous collent un redressement carrabiné. Les seuls dilétantes comparables sont à mes yeux les consultants de grands cabinets: ils débarquent sans que vous les ayez appellés, ils ne comprennent rien à votre métier et leurs conclusions ne vous ammènent nulle part. Résultat des courses: vous ne pensez plus qu'à ça et n'en dormez plus. Puis vous négligez vos clients et partenaires, car ces intrus vous monopolisent. Et finalement, le redressement arrive.  Là, vous finissez par vous dire d'être un imbécile d'avoir été honnète. Vous payez en grinçant des dents et vous vous remettez à travailler....pour les revoir débarquer trois ans plus tard (c'est la durée moyenne en France entre deux contrôles) et venir vous accabler de nouveau avec leur jugement fait d'avance! Mama Mia, ces PDG français sont des moutons qui se laissent tondre et retondre! Gianni vous conseille de ne pas vous laisser faire. Sinon, ne devenez pas Patron en France, car rien que l'idée de vouloir entreprendre vous met déjà dans le collimateur de cette inquisition des temps modernes. Allez, je vous donne un tuyau pour vous en sortir: déménagez votre entreprise à Jersey ou à la Goute d'Or. Dans le premier, ils n'ont pas le droit et dans le second trop la trouille pour y aller.

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General Motors et Ford peuvent-ils faire faillite ?

Pour mémoire, MG Rover était le troisième constructeur mondial dans les années 70…

En résumé, les constructeurs automobiles américains sont pris dans un gigantesque effet de ciseaux.

D’un côté, ils sont contraints pour rester viables de passer leur temps à réduire leur capacité de production et leurs stocks. La compétition avec les producteurs asiatiques et européens s’est finalement portée sur les niches sur lesquelles les constructeurs américains ont gagné beaucoup d’argent à la fin des années 90 : les voitures styles « sport » et « gros cube 4x4 ».

En conséquence les parts du marché américain des deux constructeurs sont tombées à un quart et un cinquième contre un tiers et un quart.

De l’autre côté, les coûts fixes (retraites et assurances santé) ne cessent d’augmenter et de peser du fait que le nombre de salariés diminue par rapport au nombre de retraités. Chez General Motors, la proportion est de 1 actif pour 2,5 retraités. Ce poids est d’autant moins supportable que les trois grands constructeurs américains avaient signé en 1999 (en haut de cycle !) avec le syndicat des travailleurs de l’automobile (UAW) des accords très généreux d’assurance santé. Ces accords durent jusqu’en 2007…

Les bruits grandissants de risque de faillite peuvent donc aider à négocier : une intervention du gouvernement ou de nouveaux accords avec le syndicat pour limiter les coûts de santé seraient les bienvenus.

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Altran enterrée pour 6 mois ?

L'annonce des résultats annuels -la semaine dernière- a fait plonger le titre de plus de 25 % à ce jour.

La direction d'Altran n'a pas su respecter les annonces-promesses faites au marché en février au sujet des résultats 2004. Les problèmes de contrôle de gestion ne sont visiblement pas réglés.

Ce n'est pas la première douche froide. Souvenez-vous d'août 2004.

Eduqué à craindre les publications de résultats d'Altran, le marché devrait maintenant faire végéter la valeur, avec une baisse tendancielle vers 6 euros. En-deçà de 6 euros, le groupe deviendrait bon marché, avec une capitalisation inférieure à la moitié du chiffre d'affaires.

La publication du chiffre d'affaires semestriel cet été, des résultats semestriels et l'exposé du plan "Altran 2008" cet automne pourraient alors réveiller la valeur.

D'ici là, assez peu de volatilité, je le crains. Trading pas facile.

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Oxbow, sur la voie de Puma et Timberland?

Lorsqu'on possède une marque telle qu'Oxbow, dotée une image aussi favorable dans l'univers des sports de glisse, le succès, en terme de taille je veux dire, est surtout une question de volonté. L'organisation et le talent viennent après.

Quelques chiffres : un chiffre d'affaires 2004 quasi plat à 60 millions d'euros. Un résultat en progression de 10%, à près de 2,5 millions d'euros. 4% de marge nette donc : c'est pas mal, mais pas suffisant pour une telle marque. Les chiffres du premier trimestre sont sortis ce matin : pas top top, en baisse de 10% en raison de problème d'organisation justement et de la conjoncture morose en France et en Europe du Nord.

Je crois qu'Oxbow devrait envoyer quelques stagiaires chez Puma et Timberland, ou même chez son grand concurrent américain Quicksilver (dirigé par le français Bernard Mariette), à la croissance fulgurante, et qui vient de racheter Skis Rossignols.

Bien sûr, Oxbow est une entreprise à suivre. L'action aussi, mais arrivée en bourse en juillet dernier, elle n'a pas progressé. On a le temps. A moins que Puma, qui "n'exclut pas de réaliser des acquisitions" (selon la formule sybilline consacrée), parvienne à convaincre l'actionnaire majoritaire qu'Oxbow pourrait connaître un succès planétaire sous sa houlette...

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Timberland : x25 en 13 ans

En ce moment, je suis attiré par les "success story" discrètes, inattendues, qui traversent les conjonctures.

Timberland est connu pour ses chaussures résistantes - même si certaines d'entre elles sont fabriquées en Chine.

En Europe, l'engagement éthique, social et environnemental de cette compagnie américaine est moins connu.

Cet engagement donne à réfléchir, surtout à la lumière de son parcours en bourse, très éloquent depuis 1992 : de 3 dollars environ à 75 aujourd'hui...

Les chiffres du premier trimestre 2005 sont exceptionnels, comme le reporte la petite Alyce du Motley Fool : en hausse de 40%, à 42 millions de dollars pour un chiffre d'affaires en progression de 10%, à 354 millions d'euros. Voyez les marges ! Près de 12% de marge nette. Bon, on est encore loin des 16% de Puma...

En fin de trimestre aussi : 200 millions de dollars de cash et pas de dettes.

Mais le second trimestre est annoncé "plat". C'est une opportunité, la valeur pourrait fléchir et devenir encore plus abordable qu'elle ne l'est aujourd'hui à moins de 15 fois le bénéfice estimé.

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Dassault Systemes et l'inefficience des analystes

La myopie des analystes et du marché est pour moi un sujet de consternation.

Ce matin, l'action de Dassault Systèmes a ouvert en hausse de plus de 5%. Pourquoi ? Les ventes du premier trimestre ont été meilleures qu'attendu par le marché, et le groupe a revu à la hausse ses prévisions annuelles de croissance du chiffre d'affaires : 12 à 14% à la place de 11 à 12%.

Dassault Systèmes est l'éditeur français de logiciels le plus suivi au monde par les analystes - ils sont plusieurs dizaines à anticiper ses tendances. Certains d'entre eux concentrent leur temps de travail sur quelques valeurs au point de les connaître comme leur poche...

Le consensus sur Dassault Systemes est actuellement plutôt négatif. D'où la réaction brutale à la hausse de ce matin.

Ceci est un principe contrarien archi classique : Comme souvent, le marché et ses veilleurs de nuit ne voient presque rien arriver. Un consensus trop longtemps négatif ou positif donne alors un signal d'achat ou de vente. La moindre nouvelle contrarienne fait décaler les cours.

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Gemplus j'aime moins

Les résultats trimestriels de Gemplus, dévoilés ce matin, confirment  l'avis exprimé dans la note de vendredi "Cartes à puces, la french connection" : mieux vaut, pour le moment, privilégier à l'achat Axalto et Oberthur Cards Systems.

Les défauts de gouvernance d'entreprise ont encore des répercussions commerciales et financières sur Gemplus : les comptes trimestriels ne sont pas brillants (en tous cas moins bons qu'espéré), la croissance y est moins élevée et plus déséquilibrée que chez les deux autres compétiteurs. En conséquence, la rentabilité y est la plus faible.

Il me semble encore trop tôt pour jouer les contrariens et visez l'amélioration de la rentabilité d'exploitation.

En revanche, si la baisse se poursuivait jusque vers 1,6 à 1,5 euro, les bruits d'OPA (justifiés à mon avis) ressortiraient. Et l'action mériterait un achat spéculatif.

Nota : le risque d'OPA justifie que l'action Gemplus n'entre pas dans le portefeuille de Jack la Loose.

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Pyongyang fait peur

Parmi les risques géo-politiques récurrents qui pèsent (peuvent peser) sur les marchés financiers internationaux figure la Corée du Nord dont les intentions en matière d'essais nucléaire font peur.

Des officiels américains se sont récemment exprimés à ce sujet, et le franc repli de Wall Street vendredi est lié à cela.

Les Etats-Unis étant eux-mêmes peu diplomates depuis quelques années à l'égard de la Corée du Nord, le régime paranoïaque de Pyongyang ne manque pas de les provoquer via des déclarations intempestives.

Aussi, le spectre d'un débarquement américain, bien que peu probable, ressurgit de temps à autre.

Pour l'heure, un diplomate américain fait sa tournée là-bas : Corée du Sud, Chine et Japon.

D'un point de vue boursier : cette affaire est un facteur de volatilité, ni plus, ni moins.

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Je vote pour les actionnaires de Puma

Le 25 avril 2001, l'action PUMA - fabricant allemand de vêtements de sport- cotait 16,10 euros. Le 25 avril 2005, elle cote 191 euros.

Sans doute un cas unique dans le secteur du vêtement - réputé difficile, ingrat.

L'action est-elle hors de prix ? Avec un bénéfice par action de 16 euros en 2004, le multiple de capitalisation du bénéfice se monte actuellement à 12 à peine - c'est très bas, comme si le marché ne croyait pas à la poursuite de cette success story.

Et les actionnaires, sont-ils satisfaits de leur sort ? Non. Lors de l'assemblée générale du groupe le 30 mars, ils ont refusé l'octroi de 934 000 stock-options aux dirigeants du groupe...

Je vote pour ceux-là.

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La résilience de Mac Do

Pour le 24 ème mois consécutif, les ventes du groupe ont progressé en mars aux États-Unis à périmètre comparable. Une performance qui n'avait pas eu lieu depuis 25 ans...

Le chiffre d'affaires total du premier trimestre a gagné 4,6% à nombre de restaurants comparables (9% en données courantes), le bénéfice d'exploitation 6% et le bénéfice net par action 40%.

En Europe, Mac Do souligne la "solide performance enregistrée en France"...

Le PDG indique enfin : (...) En réaffirmant l'importance de notre plan de revitalisation, je suis convaincu que les 50 années à venir seront encore meilleures que les 50 qui viennent de s'achever." A ce sujet, voir le graphe boursier des 35 dernières années.

Je sens le miracle arriver : que Mac Do devienne une référence côté régime alimentaire, un exemple sur la voie du bien-être général... Une préoccupation dont on sait qu'elle va durer des dizaines d'années - aux États-Unis en particulier. A noter d'ailleurs : les produits Danone ont déjà envahis les MacDo - au moins en France, zone de test.

Aller, dans vingt ans, on trouvera dans chaque restaurant une ferme modèle miniature avec potager et basse-cour vivante pour amuser les enfants, ainsi qu'un animateur "lifté" au sosie de l'icône naturaliste José Bové.

La force du marché : il digère tout.

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Le capitalisme faussé

Un tollé justifié : celui provoqué par la promesse d'un versement total ex post de 38,8 millions d'euros (brut et étalé) à l'ex patron de Carrefour, Daniel Bernard.

Qu'un dirigeant soit rémunéré en fonction des risques qu'il prend et des résultats qu'il obtient est un des éléments "sain" du capitalisme. Qu'il soit rémunéré en fonction des risques qu'il ne prendra plus et d'une responsabilité qu'il n'engagera plus, est symptomatique d'un capitalisme faussé, où les règles les plus élémentaires du jeu ne sont pas respectées.

C'est spécialement vrai en France où les "élites" ont encore un gros problème avec la prise de risque et la notion même de résultat.

Aucun dirigeant n'est irremplaçable. J'ose même dire qu'on surestime le job de "grand patron" - ce n'est pas un travail si complexe, contrairement à ce que les médias veulent faire croire à l'opinion publique. Non, les points capitaux sont la prise de risque et l'acceptation des responsabilités.

L'affaire Bernard a incité le ministère de l'économie à réagir au plus vite : un amendement sera déposé en juin dans le cadre du projet de modernisation de l'économie pour que la rémunération des dirigeants se décide en assemblée générale, et non pas en catimini dans les salons feutrés des conseils d'administration.

Ceci étant : si ces sommes paraissent exorbitantes aux employés de Carrefour, il ne faut pas oublier que le secteur de la grande distribution est structurellement créateurs d'emplois. De ce point de vue, il devait sembler logique à l'opinion publique qu'un patron en activité du secteur de la grande distribution soit mieux rémunéré qu'un patron d'un secteur destructeur d'emplois...

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Presse financière au crible : le JDF (1)

Je vais vous livrer mon avis sur chacun des titres de la presse financière et boursière.

Je commence ce week-end par le Journal des Finances.

Les points positifs

Une grande quantité de chiffres

Beaucoup d’espace accordé aux études et enquêtes – même sur les « petites » valeurs

Assez créatif : trouve des thèmes d’investissement originaux, transversaux et durablement porteur

Les points à améliorer

Manque d’esprit de synthèse : ni tactique et stratégie d’investissement régulières, ni ajustement mutuel des recommandations fondamentales et graphiques.

L’horizon d’investissement, à 18 mois, est trop systématique : il est assez facile d’avoir toujours raison à long terme. En gestion de portefeuille sous contrainte de liquidités limitées, il est dommage de se priver des mouvements qui prennent place sur quelques jours à quelques mois. Ce défaut peut être diminué en modulant l’horizon des recommandations via le media web, qui permet d’être plus réactif, plus souple.

Remarque : je ne donne pas mon avis sur la qualité des recommandations boursières.

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Pernod-Ricard, les risques de gueule de bois (2/2)

Mais…

Anglais et Américains ne sont pas des enfants de cœur...

Lorsqu’ils vendent un beau groupe à une entreprise d’origine française, les inquiétudes sont légitimes.

Expérience à l’appui : les dernières grandes acquisitions de Vivendi et de Suez aux États-Unis dans le domaine de l’environnement (de l’eau en particulier) ont été menées au mauvais moment : elles ont été payées trop chères. Les deux groupes précités ont finalement été contraints de faire marche arrière et de céder avec des moins-values tout ou partie des actifs achetés.

Pourquoi le management et les actionnaires d’Allied Domecq –n°2 mondial et entreprise très rentable à la marge nette proche de 10%- acceptent-ils de vendre à Pernod-Ricard ? A cause du parcours éloquent de la valeur ?

Oui, mais en raison surtout du prix offert qui valorise le groupe à 22 fois les bénéfices enregistrés l’an dernier- l'action est au au plus haut sur 10 ans.

Ont-ils senti des dangers en provenance des États-Unis où Allied Domecq réalise un bon tiers de ses profits dans les alcools ?

Je le crains. Il ne s’agit pas tant de la faiblesse du dollar que du risque sur la consommation d’alcools au cours des prochaines années. L’économie américaine ne pourra pas éternellement s’abstraire d’ajustements financiers, telle qu’une remontée de l’épargne. Or les alcools chers, non indispensables et très appréciés du « monde la nuit », pourraient être boudés…

Pour le moment, que la fête continue, et enivrons-nous de ses vapeurs.

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Pernod-Ricard dans les volutes de la fête (1/2)

Il est justifié d’applaudir : un n°3 mondial rachète n°2 avec un montage financier à même de satisfaire les différents actionnaires. L’action gagne 20% depuis le début de l’opération - Pernod-Ricard bénéficie d’un a priori favorable : l’intégration (la distillation ?) réussie des alcools du groupe Seagram.

Il est aussi louable d’applaudir au dynamisme d’un groupe qui n’hésite pas à mettre sa richesse en danger. L’opération tranche avec la forme la plus conventionnelle de l’investissement contemporain : le rachat d’actions – pardon, la « destruction de capital » je veux dire.

Enfin, il est légitime de saluer l’homme -Patrick Ricard : à 60 ans (à trois ans de sa retraite), la volonté de lancer cette opération d’envergure pour couronner sa vie professionnelle chez Pernod-Ricard. Sur ce registre, j’apprécie que certains journalistes économiques sachent sortir une plume nourrie de lucidité, d’expérience et de sens du « juste » : dans un éditorial des Echos (21 avril), Patrick Lamm écrit : (…) Patrick Ricard récolte aujourd’hui les fruits d’une politique patiente, d’une stratégie de fourmi. On l’a critiqué au départ pour sa gestion trop prudente, trop attentiste. En réalité, le professionnel qui a emmagasiné les compétences sur le terrain et non dans les grandes écoles, s’est bonifié lentement comme un des alcools. Son heure arrive aujourd’hui et son parcours atypique parmi les patrons du CAC 40 démontre que la force de caractère, le bon sens et l’expérience comptent plus dans la réussite d’une entreprise que les raisonnements brillants, les fulgurances et les effets de mode qui ont fait chuter ces dernières années tant de PDG plus doués pour les plateaux de télévision et les tréteaux que pour le business. »

Mais...

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Ebay, Yahoo et Google : la lune !

Les résultats trimestriels des trois "géants" du web sont florissants.

La "moins bonne" performance revient à eBay avec une hausse de 28% du bénéfice à 256 millions de dollars pour un chiffre d'affaires en progression de 36%, à 1,03 milliard de dollar.

Ensuite Yahoo, dont le résultat du premier trimestre a doublé, à 200 millions de dollars pour un chiffre d'affaires (après versement des commissions) de 820 millions, en hausse de 50%.

Enfin Google, dont le bénéfice a été multiplié par six, à 370 millions de dollars pour un chiffre d'affaires en progession de 93%, à 1,26 milliard de dollars. Ces derniers résultats ont été annoncés hier soir après la clôture de Wall Street - la valeur devrait donc ouvrir en forte hausse et, peut-être, rejoindre les plus hauts atteints depuis sa venue en bourse, vers 220 dollars.

Pas de doute pour moi actuellement : sur le trio, Google conserve le meilleur potentiel de développement économique (voir, par exemple ma petite note sur les PagesJaunes). Ebay, lui, va devoir se trouver un nouveau souffle économique.

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Cartes à puces, la french connection

Les prévisions de Nokia de ventes de portables dans le monde cette année sont enthousiasmantes. Mais il n'est pas forcément facile de jouer les fabricants de combinés.

Le secteur des cartes à puces, qui bénéficie de la bonne orientation mondiale du marché des portables, est à suivre de près.

D'autant que les n°1, 2 et 3 mondiaux sont d'origine française - ce qui facilite le travail d'information !

Ma préférence va à Axalto et à Oberthur Card System - Gemplus reste un groupe opaque en raison d'une désastreuse gouvernance d'entreprise depuis son introduction en bourse (à ce point, c'est pathétique).

Les fabricants de cartes à puce profitent aussi de la bonne des marchés de cartes à puce bancaire, et d'une façon générale des exigences croissantes de sécurité dans le monde. Le passeport électronique devient une réalité.

En bourse, à chaque secousse générale, OCS chute ponctuellement avant de remonter aussi vite, signe que la tendance reste acheteuse - profiter d'un de ces repli paraît judicieux. Axalto a signé un joli parcours depuis son introduction en bourse - 22 euros serait un assez bon pount d'entrée.

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Nokia : connecting money ?

Je l'avoue, difficile de dire aujourd'hui si Nokia l'étoile du Nord est chère ou pas chère.

Agréable surprise, hier : des résultats trimestriels supérieurs aux attentes - Nokia n'a pas regagné des parts de marché, mais ses marchés ont été dynamiques et son prix de vente moyen est parvenu à remonter. Jolis succès en Asie, en revanche d'importantes pertes de parts de marché aux USA et en Amérique du Sud sont ennuyeuses - il ne faudrait pas que la dépendance de Nokia à l'égard de l'Asie (de la Chine surtout) devienne excessive, donc risquée.

Autre point positif, mais hypothétique : Nokia a révisé à la hausse ses estimations pour le marché mondial des ventes de portables en 2005 : elles progresseraient de 15%, à 740 millions d'unités (contre +10% en dernière prévision). Le cabinet Gartner et le n°3 de secteur Samsung prévoient eux 730 et 700 millions d'appareils vendus.

Les risques à venir : que Nokia ait du mal à maintenir ses parts de marché face aux compétiteurs asiatiques en particulier et au numéro 2 mondial Motorola. Nokia est très riche, mais les investissements dans les technologies d'écrans portable (le nerf de la guerre commerciale) sont et seront très lourds - de ce point de vue, un géant comme Samsung est mieux placé !

A horizon de 6 mois, l'action Nokia peut pourtant bénéficier de la dynamique du marché des portables - de façon raisonnable, visez 18 à 18,5 dollars.

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L'Oréal : parce qu'elle ne le valait pas

Le titre du n°1 mondial des cosmétiques chute ce matin : jusqu'à 5% de baisse - c'est rare sur ce titre aux variations d'humeur peu brutales.

Le chiffre d'affaires du premier trimestre déçoit les attentes du marché. Au global, il ne progresse que de 1,6%, à 3,54 milliards d'euros. C'est surtout la baisse de 3 % de l'activité en Europe de l'Ouest qui inquiète.

Permettez-moi de rappeler que lundi, dans la radioscopie des valeurs du CAC 40, j'avais classé l'Oréal dans la catégorie "valeurs glissantes avec rebond incertain", en raison de craintes sur la croissance (faible) cette année.

Ne pas se précipiter à l'achat, donc. Je reviendrai dessus.

La question : Jack la Loose achète-t-il en ce moment ?

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Le grand manitou sonne le tocsin

Le Dow Jones s'est offert hier sa plus forte hausse en 19 mois...

Au même moment, le grand manitou monétaire Alan Greenspan est sorti de sa réserve : devant la commission budgétaire du Sénat, il a troqué son flegme aquatique pour un réquisitoire sur les risques encourus par l'économie américaine au cas où le déficit budgétaire continuerait à grossir encore et encore.

Par extension, le problème est : comment l'économie américaine va-t-elle honorer ses engagements financiers à l'égard de la vague de retraités issue du baby boom de l'après guerre ?

Deux solutions : élever les impôt et faire en sorte que l'épargne augmente.

Sinon, les taux d'intérêt risquent une hausse forcée, avec tous les dommages collatéraux que chacun sait - notamment sur la cascade d'endettement de l'économie américaine.

Le très vif rebond de Wall Street hier peut donc être interprété de cette façon :

Les marchés étaient en survente, les résultats trimestriels et les perspectives sont globalement assez bons et, paraxadoxalement, ils sont rassurés : le gouvernement américain est mis le dos au mur par l'homme le plus influent qui soit, il ne peut donc que réagir...

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M6 : une valeur mère de famille

Elle est loin la "petite chaîne qui monte"... Désormais (?) bien installée auprès desdites "ménagères de moins de 50 ans", l'audience de M6 est en train de transformer le titre en valeur de mère de famille.

Au cours actuel de 20 euros, le rendement procuré par le dividende à venir (0,84 euro) ressort à 4,2% - c'est un taux très élevé pour une chaîne de télévision.

M6 est plus rentable qu'une obligation d'Etat à 10 ans, dingue ça !

Les investisseurs auraient-ils peur que le groupe ne puisse pas reconduire ce niveau de dividende au cours des prochaines années ? Cela expliquerait ce cours anormalement bas (ou ce rendement bizarrement élevé).

Pour ma part, j'ai assez confiance : M6 reste la chaîne la plus rentable du PAF et dispose des moyens financiers de se développer. Bref, c'est une valeur de mère de famille.

Nota  : le dividende avait été versé le 5 mai en 2004.

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Grande distrib : l'épreuve du local

La célèbre formule de management "Think global, act local" est une réalité quotidienne pour les plus grands distributeurs mondiaux.

Car la distribution reste une affaire locale - ce qui fonctionne quelque part ne fonctionne pas toujours ailleurs. Et le local, ça démarre chez soi : voir les difficultés de Carrefour en France ou Wal Mart aux Etats-Unis, qui commence à sentir le souffre de l'entreprise sans syndicat.

Et j'imagine qu'il n'est pas facile pour le géant et n°1 mondial de débarquer à l'étranger avec ses gros sabots d'entreprise sans syndicat.

A l'étranger, Carrefour a plus qu'une longueur d'avance devant Wal Mart Stores et Tesco (n°3 mondial) avec une présence dans un trentaine de pays. Mais même Carrefour connaît les difficultés du local : retrait du Chili, du Japon et vente de 29 hypermachés au Mexique.

Des solutions ? Le format hypermarché en périphérie des villes "pauvres" n'est pas forcément adapté ni en terme culturels, ni en terme d'équipements : eh oui, il faut un voiture pour se rendre dans un centre commercial périphérique...

Finalement, le modèle du petit supermarché hard discount de centre ville, qui a donné un nouveau souffle commercial à la distribution en Europe, est peut-être le modèle à retenir dans certains grands centres urbains de pays en développement. Mais en Asie, par exemple, mieux vaut éviter de les appeler par leur nom où discount est synonyme de mauvaise qualité... "Act global, think local" ?

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Réservé aux spéculateurs avertis...

Au contraire d'Alcatel, Safran (Sagem-Snecma) ne me désespère pas.

J'y suis favorable, et j'avais d'ailleurs recommandé le titre après l'annonce de la fusion entre Sagem-Snecma. Sagem était tombé si bas - réaction de stupeur des investisseurs, car en effet un tel mariage a surpris son monde.

Dans un contexte boursier moins bon, il est peut-être judicieux de le jouer "à la marge", en acquérant un warrant haussier. L'effet de levier permet d'obtenir une plus-value importante avec un capital immobilisé très modeste.

Je recommande donc la lecture du conseil daté du 20 avril prodigué par le spécialiste des warrant de La Vie Financière. La limite d'achat fixée me semble appropriée à la configuration actuelle du titre.

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Dexia, valeur franco-belge-belge ?

Le titre Dexia a enclenché une marche arrière hier. La valeur a changé de direction en cours de séance et a fini en forte baisse, avec un plongeon sous sa moyenne mobile à 50 jours.

Axel Miller, le jeune patron du réseau bancaire de Dexia en Belgique (et successeur annoncé de Pierre Richard à la tête de Dexia), aurait déclaré dans une conférence bancaire que le secteur bancaire belge présente des possibilités de se concentrer - Dexia, KBC, Fortis et ING y sont les principaux acteurs.

Il aurait aussi déclaré être ouvert à une acquisition en Europe.

Pourquoi l'action baisse-t-elle ? Je pense qu'il s'agit d'une réaction "courtermiste".

Le marché craint-il une opération belgo-belge ? Ce serait pourtant sans doute un moindre risque : même culture, possibilité de levier sur les marges dans le cadre d'un secteur concentré...

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Des Rafale entre Paris et Washington

Je suis d'assez près l'évolution du titre Safran (Sagem-Snecma) et lui ai trouvé un certain ressort, lundi, en pleine déferlante baissière.

Pourquoi ? Entre autres explications, à suivre, les pourparlers entre Paris et Ryad - à l'occasion de la venue à Paris la semaine dernière du prince régent d'Arabie Saoudite - pour la livraison de 96 avions de combat Rafale (dont 48 fermes) pour un montant total de 6 milliards d'euros.

Une somme à partager entre l'ensemblier Dassault Aviation et ses principaux équipementiers : Thalès pour l'électronique, Snecma (Safran) pour les moteurs et MBDA pour les missiles.

Rien n'a été signé, d'autant que le même prince est en visite, cette semaine, à Washington. J'imagine les pressions politico-économique en faveur du F15 américain de chez Boing...

Mais ce gros contrat potentiel n'est qu'une cerise spéculative sur les titres Thalès et Safran, qui ont chacun des raisons de bien se tenir.

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Alcatel, mon désespoir (4)

La peine est-elle moins grande lorsqu'on rencontre une opinion similaire ?

Je ne pense pas. Et j'aurais préféré avoir tort sur le dossier Alcatel - que je considère par ailleurs comme légèrement scandaleux - et j'étonne que la presse française, en général, fasse preuve de béniouiouisme à son égard. Les journalistes financiers anglo-saxons sont, eux, à la fois pointus et décoincés. Avons-nous la presse la moins indépendante ?

Donc, l'analyste financier en charge d'Alcatel chez Goldman Sachs n'a pas relevé ses objectifs boursiers. Il reste négatif et considère que l'action est bien valorisée. Elle pourrait selon lui continuer à naviguer entre 8 et 9 euros pour le moment.

Le rebond boursier amorcé hier doit ainsi être manié avec précaution...

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General Motors, poids plume en bourse

General Motors, 1er constructeur mondial de voitures, pèse moins lourd en bourse que Peugeot...

Ses derniers résultats financiers (1er trimestre) sont les plus mauvais depuis une douzaine d'années : une perte nette (consolidée) de 1,1 milliard de dollars.

Le titre affiche la cote qu'il avait, grosse modo, en... 1971 et celles des plus bas des années 80.

So, what ? GM (MG à l'envers) avait annoncé vouloir supprimer 10 000 emplois dans sa filiale allemande OPEL. Et pourtant : l'essentiel des pertes enregistrées en ce début d'année 2005 vient d'Amérique du Nord (1,34 milliard de dollars de perte). D'un côté, GM perd des parts de marché là-bas, et donc réduit ses prix de vente ; de l'autre, le groupe est confronté à une structure de coûts "sociaux" très élevés (des charges de "Santé" sur les 1,1 million de salariés et retraités américains).

Le problème de fond du secteur : une surcapacité mondiale chronique de production. Oui, et cela, malgré les marchés chinois et indiens qui, à mon sens, resteront marginaux pour les constructeurs occidentaux.

A voir les déboires de Fiat, de GM, de MG Rover et même dans une moindre mesure de Daimler-Chrysler (qui embauche à nouveau lui), je me dis que les constructeurs Peugeot et Renault nagent dans le bonheur ; que, ouf, Peugeot n'a jamais été touché par la folie des grandeurs (son retour aux USA pourra se faire via les 4x4 Mitsubishi) ; que Renault devrait capitaliser sur Nissan, et c'est tout.

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Arkopharma : Jack la Loose achète

La conjoncture est moins favorable à Arkopharma. Du coup, l'action est surévaluée ! (malgré sa baisse).

Alors même que les marges ont régressé en 2004 et que le chiffre d'affaires du premier trimestre 2005 marque un recul très inabituel et inquiétant, le multiple de capitalisation du bénéfice (PER) par action 2004 s'élève encore à près de 21. 15 serait déjà plus raisonnable.

C'est presque un crève-coeur : une si belle société avec un si bel avenir - je ne plaisante pas ! Mais, actuellement, elle est trop chère. Je dois me rendre à l'évidence et recommander de rester à l'écart du titre qui entre, donc, au portefeuille de Jack la Loose.

Comme la valeur se négocie au comptant, la vente à découvert est exclue - dommage, car cela aurait eu le mérite d'accélérer un ajustement à la baisse, qui me semble inévitable.

Visez 10 euros. Le PER sera alors proche de 15. Le parcours boursier sur 8 ans restera malgré tout positif.

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La boucle de Legrand

Dans le temps, Legrand était une star de la cote - dont la croissance et la stratégie étaient très appréciées des investisseurs.

Puis Schneider a lancé une OPA. C'était pratiquement fait. Bruxelles s'y est finalement opposé.

Wendel Investissement a fait affaire avec Schneider - contraint de cédé Legrand tout juste acquis. Aujourd'hui, Wendel Investissement en détient 37%.

Mais la vocation du leader mondial de l'appareillage électrique basse tension, dont le chiffre d'affaires devrait franchir 3 milliards d'euros cette année, est de revenir en bourse..!

Quand ? 2007 sans doute, en fonction des résultats et de la conjoncture sur les marchés financiers.

Aujourd'hui, la seule manière de jouer le retour de Legrand en bourse est donc d'acquérir des actions Wendel Investissement.

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Les concierges et la bourse

Alors que les concierges des marchés voyaient déjà Grégoire Olivier de Sagem-Snecma devenir n°2 d’Alcatel à la place du démissionnaire Philippe Germond, c’est l’australien Mike Quigley qui arrive.

C’était pourtant du simple bon sens, Grégoire Olivier avait mieux à faire chez Safran (Sagem-Snecma). Ce défaut de psychologie élémentaire est précisément celui qui, d’une façon générale, me perturbe le plus en bourse. Passons.

Alcatel a donc un nouveau n°2. Il ne parle certes pas le français, mais est entré chez Alcatel en 1971 (alors ITT). Il sera très à l’aise à l’international, avec les clients opérateurs télécoms et les entreprises.

Reste la partie défense, que Serge Tchuruk va chercher à faire évoluer, du haut de son conseil de Surveillance. Je veux parler du mariage avec Thalès.

A terme, j’imagine pourtant mal un anglo-saxon, fut-il australien, devenir le n°1 d’un groupe d’origine française, dont une partie importante de l’activité se ferait dans la Défense.

L’avenir d'Alcatel reste donc, à ce jour, opaque.

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Un « non » peut-il peser en bourse ?

Un « non » au référendum sur la constitution européenne peut-il peser, dans le temps, sur la valorisation des actions européennes ?

Je ne vais pas ergoter : oui !

Et pourquoi, me direz-vous, alors que la valorisation boursière des grandes entreprises ne dépend plus, depuis belle lurette, du contexte politique et économique intérieur ?

Justement, elle dépend de l’extérieur, et les investisseurs étrangers qui comptent pour près de la moitié au capital des valeurs du CAC 40 vont « taxer » les actions européennes d’une prime de risque supplémentaire.

L’incertitude, toujours l’incertitude, un cadre politique instable, l'avenir flou de l'Europe et de l'euro. En valeur relative, le CAC 40 pourrait avec le temps (et toutes choses égales par ailleurs) perdre de l’ordre de 10%.

Pour que le « oui » l’emporte, quel coup de « génie » Jacques Chirac peut-il sortir ? Il pourrait prendre exemple sur son prédécesseur qui, à l’occasion du référendum sur le traité de Maastricht, avait sorti un joli coup de comédie politique ! Lors d’un débat télévisuel très attendu qui devait l’opposer au virulent Philippe Seguin, François Mitterrand avait simulé un malaise en coulisses, en sorte que Monsieur Séguin fut interloqué et n’osât pas se montrer dur et agressif dans son argumentation en faveur du non. Le "oui" avait gagné à ce moment précis. Mémorable…

Pour le moment, J. Chirac a sorti sa carte de Villepin : « oui » ou « non », il y aura du changement politique dans ce pays : un nouveau Premier ministre !

Les mécontents, dont l’intention est de voter « non » pour cause d’immobilisme intérieur, se voient donc couper l’herbe sous le pied. Mais c’est légèrement cousu de fil blanc, le Président de la République joue avec le feu, un peu comme Premier ministre espagnol Aznar l’avait fait le 11 mars 2004…

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General Electric à la rescousse

General Electric défie l’atmosphère au point de la modeler à sa guise (un peu).

En pleine débâcle du Dow Jones, vendredi, General Electric –première capitalisation boursière mondiale- émargeait dans le vert.

Les résultats trimestriels sont assez mirobolants : 25% de hausse, à 4 milliards de dollars (c’est monstrueux !) pour une progression de 19% seulement du chiffre d’affaires, à 39,8 milliards. Du coup, le groupe lui-même a revu en légère hausse ses prévisions annuelles de bénéfices. Wall Street, terre de contrastes…

Grâce à ces résultats énormes et grâce à un rythme de croissance interne mobilisateur (10% à périmètre et change constant), le titre s’extrait en ce moment par le haut d’une zone de léthargie et d’hésitation dans laquelle il végétait depuis le début de l’année.

Bref, G.E. semble vouloir faire contrepoids aux violents dégagements survenus par ailleurs à Wall Street.

Au point que je ne parierai pas, pour le moment, sur une poursuite de la descente aux enfers de Wall Street. Les bénéfices ne s’évanouissent pas avec le printemps.

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DPAM ou DMAP ? Du Moins Au Plus…

Il n’est pas anodin que la société -réputée- de gestion de portefeuille Tocqueville Finance annonce avoir franchi à la hausse le 14 avril le seuil des 10% du capital de la société de confection et distribution de vêtements pour enfants Du Pareil au Même.

Cette manœuvre s’inscrit dans le cadre du rapprochement de DPAM avec la société Orchestra-Kazibao – un ensemble qui pèsera 205 millions d’euros de chiffre d’affaires dans le vêtement pour enfants, et dans lequel les actionnaires de DPAM seront majoritaires.

Cette opération se présente bien puisque DPAM, de son côté, produit des efforts réguliers pour améliorer sa « structure » de coûts et financière.

Dans un secteur réputé difficile, cette action ne manque pas d’atouts – et elle est loin d’être surpayée !

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L’extravagance de Stallergènes

La brillante petite filiale de Wendel Investissement a le culot de lancer une offre de rachat d’actions portant sur 10% de son capital, au prix de 90 euros, soit au plus haut historique et après que le cours a doublé en moins d’une année.

Petite folie financière ? Cela paraît en effet extravagant au moment où la société doit mobiliser d’importantes ressources financières pour réussir son pari sur les comprimés anti allergies. Le communiqué indique bien sûr que ce n’est pas incompatible avec ses ambitions.

Il s’agirait donc d’une optimisation du capital dont le premier bénéficiaire sera Wendel Investissement -la maison mère a déclaré ne pas apporter ses titres : elle deviendra donc majoritaire en actions au capital de sa filiale.

Mon conseil : n’apportez pas vos titres ! Faites comme Wendel... Stallergènes a mieux à faire.

Je déteste les rachats d’actions, c’est vraiment ringard – on détruit du capital parce que, soi-disant, aucun projet d’investissement ne serait aussi efficace pour le bénéfice par action. Pauvres entrepreneurs !

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Emploi : mode d’emploi…

Les questions de l’emploi (et les sujets monétaires) constituent le fondement et la raison d’être de la politique économique – de l’économie politique. Et quoi qu’en disent les clichés les plus aveugles, la bourse progresse avec l’emploi. Faut pas me la faire !

Le fait qu’Alcan (qui a absorbé Péchiney il y a deux ans) ou IBM annoncent des vagues de suppressions d’emplois par milliers en Europe implique que les décideurs d’ici se musclent question imagination, énergie et… humilité.

En effet, je ne vois pas à ce jour de secteur d’avenir extraordinairement prometteur en terme d’emplois massifs.

Qu’est-ce qu’un cadre supérieur de 45 ans viré d’IBM peut faire dans un contexte où le Ministre de l’emploi indique que les services de proximité sont le « secteur » le plus prometteur ?

Là, il faut descendre sur le terrain, se montrer humble et… radin pour trouver un business model viable.

Exemple : en ce moment, quelques sociétés cherchent un modèle de « spizza 30 de la réparation des ordinateurs personnels ». Vous êtes en panne de PC, vous appelez, dans la demi-heure un technicien arrive en scooter ; soit il répare sur place, soit il emporte votre PC dans un casier – deux services, deux prix.

Problème en France : « on » a du mal à industrialiser le secteur des services à la personne. Solution : les futurs cadres licenciés d’IBM Europe peuvent toujours demander à ce que figure dans leur hotte d’adieu un stage de réalité aux Etats-Unis.

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Valeurs glissantes mais re-hausse puissante (radioscopie 5/5)

Catégorie agréable aux traders...

Ici, le rendement est faible ou inexistant. La piste est donc favorable à une belle glissade.

Mais chacune de ces valeurs suit actuellement une histoire propre ou spéculative appréciée du marché.

Ce sont Sanofi-Aventis, Thalès, Thomson et Vivendi Universal.

Le titre Sanofi-Aventis profite des avancées de la fusion entre Sanofi et Aventis, et bénéficie du regain d’intérêt des investisseurs pour le secteur de la pharmacie. Mais… vu son parcours éloquent depuis le début d’année, de violents dégagements ne sont pas exclus, appuyés par de probables nouvelles inquiétudes sur la concurrence des médicaments génériques.

Thalès peut baisser, mais la spéculation sur son mariage avec Alcatel la fera rebondir d’autant mieux que la conjoncture lui est plutôt favorable.

Thomson bénéficie d’un consensus très favorable. Le marché joue la nouvelle histoire Thomson. Mais c’est une valeur technologique non exempte d’incertitudes : donc forte baisse possible avant une belle remontée.

Vivendi Universal : valeur média et télécoms, elle ne peut échapper à une baisse du CAC 40, d’autant que comme Thomson elle est encore proche de ses plus hauts sur un an. Mais le marché sait que le groupe dispose maintenant d’une nouvelle marge de manœuvre pour adopter, enfin, une stratégie de développement.

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Valeurs glissantes avec rebond incertain (radioscopie 4/5)

Ne levez pas les bras au ciel s’il vous plaît – je peux me tromper.

Alcatel, Cap Gemini, Danone, EADS, L’Oréal, Publicis, LVMH, ST-Microelectronics.

Oui, je vous le concède, la présence de Danone ou l’Oréal peut étonner. Mais elles sont chères et la croissance 2005 ne sera pas mirobolante.

Quant à Alcatel et STM, qui sont déjà en quasi survente, un plongeon supplémentaire pourra être mis à profit pour jouer un rebond technique.

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Valeurs à l’unisson du marché (radioscopie 3/5)

Si  le CAC 40 recule de 3 à 3,5%, les valeurs suivantes devraient reculer entre 2 et 4 % environ. Elles présentent des situations différentes, en particulier sur leur potentiel de re-hausse, mais les dividendes servis et leur conjoncture propre justifient qu’elles baissent en moyenne comme le CAC 40.

Ce sont Accor, Air Liquide, Arcelor, Bouygues, Carrefour, Casino, Crédit Agricole, Essilor, France Télécom, Lagardère, Michelin, Pernod-Ricard, Peugeot, Pinault, Sodexho, Renault, Saint-Gobain, Schneider, TF1, Veolia.

Accor, Carrefour, Pernod-Ricard et Saint-Gobain disposent à mon sens du meilleur potentiel de rebond.

Pinault devrait bien tenir la baisse en raison de son rendement (3%).

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Valeurs résistantes à la baisse (radioscopie 2/5)

Certaines valeurs du CAC 40 offrent des rendements (dividende/cours actuel) plus que confortables proche de 4% – meilleurs que celui servi sur le placement concurrent de référence : l’obligation d’Etat à dix ans (3,5%). La saison des dividendes approche et, mécanique facile, les cours seront soutenus jusqu’au détachement. Ils le seront d’autant plus que les valeurs de cette catégorie ont les moyens de reconduire l’an prochain un bon dividende.

En cas de poursuite de la baisse du CAC 40, le recul de ses valeurs sera donc limité. Je n’exclus pas de légères hausses.

Ce sont (presque) toutes les financières : AGF, BNP, Dexia, Société Générale. Axa et Crédit Agricole pourraient reculer un peu plus. Un classique : Axa est très corrélé au CAC 40, mais rendement correct et « psychologie » favorable.

J’ajoute Suez, Lafarge, Total et Vinci. Suez est l’industrielle du CAC 40 qui offre le meilleur rendement.

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Radioscopie du CAC 40 (1/5)

Le rififi à Wall Street et la réaction très négative des places européennes m’incite à faire le point. Séance de vendredi : le CAC 40 n’avait pas connu de chute aussi marquée depuis une mystérieuse séance de mi-décembre. Et le Nikkeï a chuté lourdement cette nuit.

Côté valorisation, le CAC 40 n’a pas de raison fondamentale de plonger profondément. La question est donc : jusqu’où Wall Street va-t-il descendre ce printemps, et dans quelle mesure l’Europe va-t-elle suivre ?

Réponse : je ne sais pas.

Une « respiration normale » du CAC 40 peut l’amener à court terme dans la zone des 3880-3900, qui correspondrait au retracement de, grosso modo, 50% de la hausse intervenue depuis l’élection présidentielle américaine. Par ailleurs, la moyenne mobile à 150 jours, qui se situe actuellement dans cette zone, pourrait servir de support.

Je ne dis ni que le CAC 40 ira jusque là ni qu’il s’y arrêtera, je dis : c’est maintenant un scénario probable.

Le potentiel de baisse est donc d’environ 3,5%. Largement suffisant à mon sens pour permettra à la tendance haussière de reprendre.

Reste à déterminer le potentiel de baisse de chacune des valeurs du CAC 40. Synthèse d’éléments financiers et économiques (rendement, conjoncture) et de facteurs graphiques, j’ai regroupé les 40 valeurs du CAC 40 dans 4 catégories : faible baisse, baisse comme le marché, baisse supérieure au marché mais forte capacité de rebond, baisse supérieure au marché mais rebond incertain ou lié à des situations de survente.

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G7 Finances : au sommet, les questions officieuses

Washington, ce week-end : réunion des ministres des Finances des 7 pays les plus riches de la planète.

Devinette : de quoi vont-ils parler officiellement ? Prix du pétrole, taux d'intérêt, rythmes de croissance déséquilibrés... Rien de nouveau, donc, par rapport aux lapalissades du FMI.

La seule question qui importe vraiment en ce moment ne sera pas officiellement abordée : la monnaie chinoise, évidemment sous-évaluée, au vu des énormes réserves de change. La banque Centrale de Chine détenait fin mars 660 milliards de dollars de monnaies étrangères, en hausse de 50% en un an.

Pas de chance, contrairement à la dernière réunion du G7, le ministre chinois des Finances et le gouverneur de la banque centrale de Chine ne seront pas là.

Ils brilleront par leur absence. L'appréciation du yuan (et des monnaies asiatiques) est nécessaire à l'ordre monétaire international. C'est la variable d'ajustement qui tarde à s'ajuster...

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Du rififi à Wall Street

Les indices boursiers américains ont plongé loin sous leurs lignes de résistance. D'assez mauvaises statistiques (déficit commercial, ventes de détail) ont avivé les inquiétudes sur la conjoncture. Par ailleurs, la publication des résultats du premier trimestre 2005 incite à des prises de bénéfices, parfois violentes comme sur Apple ou IBM - ces résultats ne sont pas mauvais, mais ils n'incitent aucunement à revoir à la hausse les prévisions annuelles.

En bourse, qui n'avance pas recule.

Depuis le début de l'année, les marchés européens ont résisté à la baisse de Wall Street. C'est un phénomène très rare. Voyez les courbes du Dow Jones et du CAC 40 sur 3 mois. La différence de valorisation a joué en leur faveur.

Aujourd'hui, le début de séance montre que l'Europe n'est pas totalement immunisée. Malgré la baisse de l'euro. Le CAC 40 accuse sa plus forte baisse en 2005, avec une pointe de -1,5%.

Pas de panique. La tendance haussière amorcée en août 2004 reste d'actualité. Un recul du CAC 40 jusque vers 3920 - 3940 serait même salutaire.

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La saga des "alter" marchés

Hors-cote, Marché Libre, Nouveau Marché et, le 17 mai 2005, l'Alternext.

Sa vocation ? La même que celle des trois marchés précités : offrir une porte d'entrée en bourse, sans toutes les contraintes des valeurs de la cote principale (Eurolist A, B et C), mais avec un certain nombre d'exigences.

En fait, l'Alternext ressemble au Marché Libre, qui existe encore.

Mais évidemment, "on" va beaucoup parler des premières entreprises inscrites sur cette "nouvelle" cote. D'où l'intérêt d'y figurer au cours des premiers mois.

Toutes les sortes d'entreprises iront sur Alternext : des entreprises cotées sur le Marché Libre, qui espèrent à l'occasion recevoir un coup de projecteur. Heureusement aussi, de nouvelles petites entreprises vont y venir, à condition que la fraction du capital mis ou levé en bourse représente au moins 2,5 millions d'euros de capitalisation.

Dans le domaine internet, on attend Meilleurtaux (le 1er, le 17 mai), Grosbill (grossiste informatique sur le Net) ou Maximiles (fidélisation multi-enseignes sur le Net).

Parmi les nouveaux, sont attendus également Sporever et Poweo.

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IBM fait chuter Cap Gemini et Atos

Preuve que les investisseurs sont nerveux à Wall Street, la petite déception sur le résultat trimestriel d' IBM - 0,85 dollar par action contre 0,90 attendu- provoque un tollé baissier sur les grandes SSII européennes.

Je me rassure : le bénéfice trimestriel est en hausse de 3%, à 1,41 milliard de dollars, IBM maintient les prévisions du marché pour le second trimestre et réitère son objectif à long terme d'une croissance à deux chiffres des bénéfices. Mais la courbe d'IBM aux Etats-Unis n'est pas jojo.

Cap Gemini perd 5% en début de matinée et Atos 3,5 %.

Cet effet de domino est exagéré. Mais comme Wall Street est mal orienté ces dernières séances, mieux vaut ne pas se précipiter à l'achat sur ces titres et attendre que le Nasdaq rebondisse.

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Pétrole : bientôt le baril à 40 dollars ?

Les cours du pétrole ont commencé par chuter avec les estimations rassurantes de l’Agence Internationale de l’Energie, comme je l’indiquais hier.

Puis la publication des stocks de pétrole par le département américain de l’énergie, hier, a accentué le mouvement. En fin de semaine dernière, les stocks de brut ont rebondi de 3,6 millions de barils – le chiffre de 500 000 était attendu. Le bond a été confirmé par l’Institut Américain du Pétrole (API). Les stocks de pétrole raffiné ont aussi progressé : les réserves d’essence ont gagné 800 000 barils en une semaine – 100 000 était le pronostic.

En quelques séances le baril de WTI est tombé de 58 à près de 50 dollars. Sa courbe forme un double top en « M » sur 58. En général, cela annonce une baisse durable. La conjoncture va plutôt dans ce sens.

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SEB : Jack la Loose va-t-il acheter ?

Dans le jeu des forces positives et négatives, je pense que la baisse va l’emporter.

Côté positif : le leader mondial du petit électroménager innove en permanence (prix de vente plus élevés), adapte sa production (lutte contre la compétition des fabricants asiatiques), acquiert des marques à valeur ajoutée (All Clad aux USA), dispose encore d’un potentiel financier d’acquisitions et redresse Moulinex.

Côté négatif, la conjoncture n’est pas brillante en Europe, où le chiffre d’affaires a sérieusement reculé au premier trimestre 2005 ; l’adaptation permanente des usines à la mondialisation pèse sur la rentabilité d’exploitation (coût d’adaptation) ; la progression du coût des matières premières sera compensée avec difficultés.

La délocalisation massive s’avère non seulement socialement difficile mais en outre risquée en raison des inévitables fuites de technologies.

Au total, je crains que les marges ne s’étiolent et que le groupe ne puisse plus servir un dividende confortable.

En bourse : si l’action ne parvient pas à repasser vite au-dessus de sa moyenne mobile à 200 jours, la tendance baissière pourrait l’emporter. Sur rebond vers 83 euros, le titre entrerait alors dans le portefeuille de Jack la Loose avec 75 euros pour premier objectif de baisse.

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Akka en bourse : trop cher

Le retour des introductions en bourse est un signe de bonne santé du marché boursier – après tout, c’est son rôle, apporter des capitaux propres.

Mais je ne vais pas me précipiter sur Akka - une société de conseil et de suivi en R&D externalisée. Question de prix : à 24 euros l'action, j'estime le multiple de capitalisation du bénéfice par action 2005 à 25 - soit davantage qu'Alten, Sii ou Assystem. Le calcul ? 120 millions d'euros de chiffre d'affaires cette année, 3,6 millions d'euros de résultat net et 3,8 millions de titres.

Je lui préfère Altran (spéculatif), Assystem (développement) et Sii (régularité et rentabilité)

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L'événement de l'année...

L’événement politique et économique de l’année a peut-être eu lieu cette semaine.

Les deux pays les plus peuplés de la planète – la Chine et l’Inde – sont aussi ceux dont l’économie marchande se développe la plus vite (9,5 % et 6,9 % en 2004 !).

Que peut-on imaginer si ses deux pays parvenaient à supprimer leur « rideau de fer » - le Pakistan ?

La première visite officielle –historique- du Premier ministre chinois en Inde, qui a pris fin mardi, a pour but d’accélérer la coopération économique entre les deux pays. Qui a dit que l’essor du commerce était le meilleur vaccin contre la guerre et donc la pauvreté ?

Imaginez si les énormes capacités chinoises en « hardware » se métissaient avec l’incontournable puissance et savoir-faire indien dans le « software ».

Pour réussir à s’imposer sur ces deux sous continents, surtout si Chinois et Indiens deviennent avec le temps les meilleurs partenaires du monde, les firmes occidentales, et européennes, devront davantage s’unir.

Un domaine, qui doit suivre celui de la construction aéronautique (avec EADS), les chemins de fer : il semble inévitable qu’Alstom et Siemens s’unissent dans les trains à grande vitesse pour conquérir les espaces chinois et indiens.

Les salariés français d’Alstom devront se faire une raison – la meilleure – et les politiques apprendre ce qu’est l’Europe. D’ailleurs, l’épisode de l’OPA agressive de Sanofi sur Aventis (groupe franco-allemand) devrait suffire au gouvernement français pour accepter l’idée que Siemens exerce une influence dominante sur Alstom…

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Les lapalissades du FMI

Le Fonds Monétaire International excelle dans l’art d’enfoncer des portes ouvertes, de répéter ce que (presque) tout le monde sait. Le FMI est-il un journaliste de 3 ème catégorie ? Ou est-il un organisme financier mondial dont la vocation est aussi de formuler des diagnostics économiques pertinents et originaux, et de formuler des solutions stratégiques musclées ?

Faudra que je prenne le temps d’examiner ses statuts…

Dans un rapport publié mercredi, le FMI indique : "L'expansion mondiale devient de plus en plus déséquilibrée. La croissance mondiale reste excessivement dépendante des Etats-Unis et de la Chine, la croissance dans la zone euro et au Japon - comptant ensemble pour un quart de la production mondiale - a une nouvelle fois été décevante." "Si cela devait perdurer, cela aggraverait les déséquilibres mondiaux et augmenterait les risques de ralentissement plus forts en particulier si la croissance américaine et chinoise venaient à faiblir simultanément"

A propos du pétrole, résumé par l’AFP : « Alors que l'an dernier la flambée des cours du pétrole pouvait s'expliquer par la forte demande, surtout de la Chine, une nouvelle accélération cette année risquera, au contraire, de porter un coup à la confiance, raviver l'inflation et alourdir les factures des pays pauvres déjà très endettés par ailleurs. »

Les solutions (toujours rapportées par l’AFP) : « Face à ces menaces, le FMI suggère une éventuelle révision des politiques monétaires, avec un resserrement robuste en Chine pour éviter une avalanche d'investissements, tandis que Washington peut en rester à son "rythme mesuré" de relèvement des taux. A l'inverse, le Japon, en lutte contre la déflation, devrait continuer à baisser les taux alors que la Banque centrale européenne est invitée à s'abstenir de relever les siens tant que la croissance ne s'est pas raffermie. »

Pas un seul banquier central de la planète, me semble-t-il, n’ignore ces évidences.

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Atos, une action anti consensus

Nouvel exemple de divorce entre un consensus boursier "excessivement" favorable et un parcours boursier décevant.

Le cas d'Atos est édifiant. Depuis une année, le titre a reculé de près de 10% - le CAC 40 a gagné, lui, près de 10%.

Le consensus des analystes financiers - FactSet JCF - est ultra acheteur sur ce titre depuis longtemps : au 11 avril, sur 24 analystes, 13 sont à l'achat, 6 à conserver, 4 à conserver et 1 à alléger.

Conclusion : je dois toujours m'intéresser à l'analyste "brebis galeuse".

Les opérations : Atos doit-il rentrer dans le portefeuille de Jack la Loose ? Non, ce serait très risqué, les forces de rappels acheteuses sont là, surtout à l'approche des moyennes mobiles à 150 et 200 jours. En revanche, un achat spéculatif vers 49,5 euros est jouable.

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Offrez de l'argent

Pourquoi le monde bancaire devrait-il être le parent-pauvre du marketing ?

Un marché : le cadeau de particulier à particulier estimé en France entre 30 et 50 milliards d'euros par an.

Un segment de marché : les cadeaux d'argent (chèques et espèces) représenteraient 22% du total.

Le groupement bancaire Carte Bleue Visa a donc décidé de se lancer dans la "carte de paiement cadeau" . Qui existe déjà aux Etats-Unis.

Vous pourrez ainsi offrir de l'argent électronique décoré selon les occasions anniversaire, argent de poche, vacances, étrennes...

Encore une bonne nouvelle pour les fabricants de carte à puce. D'ici 2008, Visa espère mettre sur le marché 1 million de ces cartes.

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Les Caisses d'Epargne à l'avant-garde...

C'est légal depuis mars, les banques peuvent rémunérer les dépôts à vue.

Les Caisses d'Epargne sont le premier grand réseau bancaire français à avoir décidé de rémunérer les dépôts bancaires. 0,5% jusqu'à 2500 euros, 1% au-delà pour les clients ayant souscrits un forfait plus large (et plus cher). C'est peu, mais c'est sans contre-partie : les services gratuits le resteront (chèques...)

Cette offensive commerciale, qui vise à doubler le nombre de comptes courants d'ici 2007 (de 4,5 à 10 millions) est une petite révolution dans le monde bancaire français... Les Caisses d'Epargne préparent activement leur introduction en bourse à ce que je vois.

Tous aux Caisses d'Epargne ! Si le mouvement s'amorce, les autres grandes banques de détail suivront. Comme d'habitude.

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Pétrole : la Chine calmerait le jeu

Le pétrole, le dollar et le taux d'intérêt central américain sont les trois variables internationales qui influent le plus sur les marchés d'actions.

Les dernières estimations de l'Agence Internationale de l'Energie (AIE) - publiées hier- ont fait chuter le prix du baril : à Londres, le baril de Brent a reculé de 1,6 dollar, à 51,6 dollars.

Côté demande, la Chine a consommé "seulement" 5,4% de pétrole en plus en janvier et février - en 2004, la hausse avait été de 20,8% ! L'AIE table sur une hausse de la demande chinoise de 7,9 % en 2005 contre 15,6 % l'an dernier. Une division par deux ! Dans les pays de l'OCDE, la pointe observée en février semble due au froid hivernal long et répandu cette année. Au total, la demande mondiale de pétrole cette année pourrait progresser de 2,1% contre 3,4% en 2004.

Côté offre, la production a progressé un peu en mars, surtout grâce aux pays de l'OPEP. Les marchés attendent maintenant la décision de l'OPEP d'augmenter ou non, avant le mois de juin, sa production journalière de 500 000 barils. Bien sûr cette décision est déterminée par l'évolution des prix du pétrole.

Au total, les crispations des marchés actions sur la hausse du prix du pétrole et des taux d'intérêt devraient s'estomper au profit d'une attention davantage concentrée sur les bénéfices des entreprises et leurs perspectives.

Reste toutefois la question du dollar, qui est aussi celle du yuan.

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Wall Street rebondit in extremis

A deux heures de la clôture, hier soir, Wall Street a rebondi avec brutalité.

Après l'annonce d'un déficit commercial record en février, à 61 milliards de dollar, la bourse américaine a évolué dans le rouge jusqu'à 20 heures.

La publication des "minutes" du dernier comité monétaire de la Réserve Fédérale a rassuré : le durcissement de la politique monétaire ne devrait pas accélérer.

Par ailleurs, le prix du baril de pétrole a chuté : le rapport de l'Agence Internationale de l'énergie (AIE), publié hier soir, estime que la croissance de la consommation de pétrole ralentit cette année.

Enfin, la première salve de publications de résultats trimestriels américains a reçu un accueil plutôt favorable des investisseurs.

Le point technique important : les indices S&P 500 et Dow Jones Industrial ont rebondi au-dessus de leur corde raide (la Moyenne Mobile à 150 jours).

J'attends confirmation cet après-midi.

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Le vrai scandale d'Alstom

Un peu d’histoire. Pourquoi le titre Alstom a-t-il perdu 98 % de sa valeur depuis son introduction en bourse, en 1998 ?

On évoque souvent les calamités industrielles dont a pâti le groupe, en particulier à la suite du rachat des grandes turbines à gaz d’ABB, qui lui auront coûté 4 milliards d’euros de sinistres.

Mais si je creuse, je trouve une faute originelle, un péché dont les responsables sont clairement identifiés.

Rappelons que les ex maisons mère d’Alstom, Alcatel et GEC Marconi, faisaient sortir chaque année 70 % des bénéfices de leur filiale : une hérésie financière dans le cadre d’une industrie lourde, qui doit disposer de fonds propres suffisamment importants pour investir et amortir d’éventuels chocs industriels. Plus grave encore, à la veille de son introduction en bourse, les deux actionnaires précités ont pompé 1,2 milliard d’euros des caisses de leur future ex-filiale.

Ainsi doté d’une structure financière fragilisée, Alstom ne pouvait pas se permettre une erreur (un risque) industrielle d’envergure.

Ce comportement est amoral au plus haut point : les liquidités outrageusement (mais légalement) retirées de chez Alstom ne se sont pas transformées en or chez les malheureux bénéficiaires : souvenons-nous que les compagnies Alcatel et Marconi ont aussi sombré dans les tréfonds boursiers (tout comme une bonne partie de leurs effectifs), faute d’avoir elles-mêmes correctement utilisé l’argent dont elles disposaient.

S' il y avait une "justice morale" dans la vie des affaires, les deux compagnies (ou ce qu’il en reste) auraient dû voler au secours de leur ex filiale.

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Lutter contre le risque

Ce n'est pas nouveau, mais le dernier sondage TNS Sofres pour les Echos et La Poste sur le comportement des épargnants français et européens le confirme : le risque -mais aussi la perception du risque- n'évolue presque pas. Les épargnants n'aiment pas le risque !

Les différentes enquêtes le disent : si 9 français sur 10 détiennent au moins un produit financier, le livret d'épargne et l'assurance-vie arrivent en tête devant les valeurs mobilières (sicavs ou titres détenus en direct). Et la pierre apparaît toujours comme LA valeur refuge.

Pourquoi la perception du risque ne change-t-elle pas au gré des variations de prix de l'immobilier et des titres financiers ?

Réponse facile : les épargnants sont mal informés et ils ne s'intéressent pas à l'économie. Ma réponse : depuis près de 30 ans, on dit cela. Or depuis près de 30 ans, l'information économique et financière s'est très largement répandue. Le coeur du problème à mon sens est aussi d'ordre psychique : la lutte contre le risque est avant tout une lutte contre soi-même, contre sa perception "irrationnelle" du risque.

Bon d'accord, l'éclatement de la bulle boursière n'a pas détendu l'atmosphère. Mais enfin, ce genre de phénomène n'arrive qu'une à deux fois par siècle...

Bref, je suggère du "risk coaching" : apprendre à maîtriser sa perception du risque.

J'invite les lecteurs de ce blog à partager leurs expériences (financières ou non).

De mon côté, je vais pondre quelques notes genre "Petit traité de psychologie boursière à usage courant et préventif".

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Qui rachètera Fininfo ?

C’est de notoriété publique, le groupe de diffusion de données financières cherche un repreneur. Le hic, c’est que le groupe vaut cher en bourse : une capitalisation de 280 millions d’euros pour un chiffre d’affaires stagnant de 137 millions d’euros. Et malgré le recul des bénéfices l’an dernier, la marge nette reste très confortable, à 13%.

Après des rumeurs de rachat en début d’année (par FT Interactive Data, filiale de Pearson), finalement sans issue favorable, le titre Fininfo s’est dégonflé de près de 25%.

Le 6 avril, la société Lyxor Asset Management (contrôlé par la Société Générale) a déclaré détenir 10,86% du capital à la suite d’acquisitions d’actions sur le marché. Et son intention est de poursuivre dans ce sens au gré des opportunités du marché.

Bref, l’intérêt spéculatif du marché et toujours là. Les amateurs s’en souviendront. Perso, sur des secteurs voisins, je préfère les titres GL Trade (croissance et rendement) et Linedata Services (croissance et potentiel d’augmentation des marges).

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Daimler et Renault, un cas d'école

6 ans après sa fusion avec Chrysler, l’action Daimler-Chrysler a perdu 60% de sa valeur. De quoi exaspérer les actionnaires, petits ou grands. Le constraste avec Renault est saisissant. Son mariage avec Nissan a produit des merveilles financières et la comparaison des deux courbes boursières depuis 5 ans a de quoi énerver les fidèles de Daimler. Mais investir sur un titre au moment précis du mécontentement maximum est une tactique qui a fait ses preuves...

La dernière assemblée générale du groupe fut assez houleuse. Au menu : la Smart coûte trop cher et la chute des ventes des modèles Mercedes haut de gamme. Pourtant : le chiffre d’affaires a progressé de 4%, à 142 milliards d’euros ; 8400 emplois ont été créés l’an dernier ; et le résultat d’exploitation a gagné 700 millions d’euros, à 5,8 milliards d’euros.

38 milliards d’euros seront investis dans les trois ans – en 2005 et 2006, les résultats pourraient se redresser plus franchement.

Ces deux groupes automobiles (Daimler et Renault) deviendront sans doute un cas d’école dans les business school : dans l’industrie automobile, la taille n’est pas tout. Si une taille critique est indispensable, une trop grosse corpulence peut entraîner de l’inefficacité. C’est évidemment une leçon à retenir, et Peugeot se garde bien de lorgner avec trop d’insistance sur les italiennes et les japonaises (Mitsubishi).

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Le yuan dans la guerre monétaire

Le problème des taux de change : ils ne peuvent jamais évoluer tous dans le même sens. C’est ce que j’appelle une lapalissade, mais elle est cruciale.

Depuis 3 ans, le dollar baisse fortement contre l’euro et le yen. Il serait dans l’intérêt des Etats-Unis que leur monnaie continue « sous contrôle » sa baisse - question de rééquilibrage, à terme, des comptes extérieurs américains. Mais ce n’est plus du tout à l’avantage de la zone euro et du Japon, dont les économies, lentes et à la peine doivent éviter une surévaluation de leurs monnaies préjudiciable à leurs exportations. Sinon, le cercle chômage-délocalisations-chômage n’a pas fini de faire parler de lui.

Comment faire ? On ne va pas ressortir les tarifs douaniers je suppose…

Le poids de la Chine dans la production mondiale devient tel que sa parité (fixe) avec le dollar est contre-nature et malsaine pour l’économie mondiale. La monnaie chinoise se fera donc un « plaisir » de jouer la variable d’ajustement du système. Tout concoure à ce que le yuan soit réévalué, en sorte de renchérir les importations de Chine et de stimuler les exportations occidentales (et japonaises) en Chine. Du coup, ça irait mieux entre le dollar, l’euro et le yen.

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Les nouveaux conquistadors espagnols

Les banques espagnoles sont à la fois très rentables et très conquérantes.

La SCH (n°1 espagnol) a ouvert la voie espagnole en Europe avec l’acquisition au cours de l’été 2004 d’Abbey – un établissement financier britannique spécialisé sur le crédit hypothécaire.

Son grand concurrent espagnol BBVA (n°2 espagnol) vient, lui, de lancer une offre en Italie sur la Banca Nationale del Lavoro, pour laquelle le conseil d’administration a donné son accord de principe. Reste à passer le cap de l’assemblée générale (30 avril ou 21 mai).

L’aboutissement de cette opération déclencherait à terme d’autres opérations dans le monde bancaire italien – jusqu’à présent très fermé.

Et pendant ce temps-là, le titre Dexia poursuit sa hausse – car le marché ne l’imagine plus continuer sa route en solo, alors même qu’elle fut la première banque européenne.

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Alcatel, mon désespoir (3)

Sauf erreur de ma part, Alcatel est au sein du CAC 40 le champion de la destruction de valeur sur une période de 10 ans.

Fort de ce bilan pathétique, son PDG, Serge Tchuruk, est en passe de faire voter le prolongement de son mandat présidentiel jusqu’à l’âge de 70 ans. Mais il lui faudra un patron opérationnel.

Or le n°2 d’Alcatel, Philippe Germond, vient de démissionner dans la foulée de cette annonce.

Ils ne s’entendaient pas, dit-on.

Le marché imagine déjà Grégoire Olivier diriger Alcatel (il dirige Sagem et est à l’origine du rapprochement avec la Snecma).

La sagesse devrait pourtant l’inciter à rester n°2 de Safran (Sagem&Snecma), avant d'en devenir le patron. A moins qu’Alcatel ne fusionne avec Safran. J’en doute.

Le scénario le plus probable est celui d’une fusion entre Alcatel et Thalès.

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Les grandes compagnies sont trop riches

Après plusieurs années d’introspection économique, la richesse des grandes compagnies européennes est exceptionnelle. Plus de 50 milliards d'euros de profits en 2004 pour les firmes de l’indice CAC 40.

Alors, que vont-elles faire de leur trésor ? La rendre à leurs actionnaires ? Elles le font déjà, et beaucoup trop. Investir dans la croissance organique ? Ce serait le mieux, mais la léthargie économique en Europe ne les y incite pas. Reste les acquisitions.

Bien que la réussite des grandes fusions soit un exercice difficile, et qui peut s’avérer être destructeur de valeur, c’est le scénario le plus probable. D’autant que le coût de l’endettement est encore très attractif. Et d’autant que la logique qui a permis d’obtenir cette énorme richesse ces dernières années- réduction et la rationalisation des coûts- va naturellement chercher à se  reproduire. Or les fusions&acquisitions permettent à la rhétorique et la mécanique des « synergies » de s’exprimer.

Nota : comme le souligne The Economist dans sa dernière livraison, les fusions et acquisitions ont triplé aux Etats-Unis au cours du premier trimestre 2005. Or, en effet, l’Europe a un remarquable don d’imitation des Etats-Unis (dans la vie des affaires).

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Alstom et Jane, le 11 avril 2021

La dernière publicité "institutionnelle" d'Alstom a le (grand) mérite de détourner l'attention des incertitudes du présent.

On lit : "Le 11 avril 2021,

Ce matin-là, à Washington, il fera beau ou mauvais. Jane prendra son métro. Ou un taxi. Elle ira travailler. Non, elle ira se promener. Elle sera amoureuse ou non. Elle prendra son métro. Qu'est-ce qu'on en sait ? En revanche, on sait que son métro sera là. C'est sûr, c'est certain. La rame dans laquelle Jane prendra place est déjà en construction dans nos usines américaines. Elle sera livrée en 2006."

Signé de la "baseline" : "Alstom, le futur est notre quotidien".

Et pendant ce temps-là, le méthanier GDF-Energy, qui devait être livré fin 2004 ne le sera qu'en 2006. Le sur-coût pourrait se chiffrer à 50 millions d'euros.

Les défauts et les retard de livraison ne sont pas du meilleur effet commercial, ni sur le marché des méthaniers, ni sur le marché des paquebots. Ni en bourse, où les vieux démons de la sur-facturation ternissent le rebond de la valeur entamé en août 2004.

J'aurais préféré que Jane m'annonce prendre le TGV entre Chicago et Washington, en ce petit matin du 11 avril 2021.

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Pathétique disparition de MG Rover

Les journalistes anglais ne ratent pas une occasion de lancer des piques aux Français. Le souci de l'équilibre et de l'entente cordiale conduit les journalistes français à faire idem.

Un éditorial des Echos du jour, sur la faillite de MG Rover - dont l'ancêtre Austin Motors fut fondée par Lord Austin en 1905 : " (...) Les déboires automobiles de l'altière Albion montrent, en revanche, que le savoir-faire économique et financier dont se flatte souvent la City n'est pas toujours du même côté du Channel. La fin annoncée de Rover contraste en effet avec le sauvetage de Renault. Le fait que ce dernier ait lui-même su sauver le japonais Nissan, pour leur plus grand profit mutuel, alors que le britannique ne pouvait plus espérer survivre qu'avec l'aide d'un constructeur chinois, illustre à quel point les champions de la conduite à gauche ont fait fausse route."

Mon commentaire : les interventions successives des gouvernements anglais (nationalisation de British Leyland en 1975, disloquation sauvage du groupe en 1988) auront conduit à la disparition d'une firme centenaire. Triste et pathétique.

Le jeu est aux collectionneurs maintenant.

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PagesJaunes, forteresse imprenable ? (2/2)

Rappel du problème : comment PagesJaunes peut-il défendre ses plantureuses marges face à l’arrivée inévitable des géant du Net sur le marché du référencement professionnel ?

Hypothèse : le référencement et la publicité sur le Net vont constituer le fer de lance des firmes d’annuaires pour développer le revenu moyen par annonceur. Donc, aucune raison que Google ou Yahoo n’y aillent pas.

Quels sont les atouts de Google que n’a pas PagesJaunes ? La puissance de recherche sur le Net.

Quelle est la force de PagesJaunes dont ne dispose pas Google ? Un réseau commercial territorial à même de capter la publicité et le référencement des annonceurs locaux.

Rien n’empêche les géants du Net de développer des forces commerciales locales. En revanche, il ne sera pas facile à PagesJaunes d’être aussi pointu que Google sur le Net.

Solutions pour PagesJaunes en France

1)    Accroître son maillage territorial et commercial

2) Elargir l’offre publicitaire en ajoutant de l’interactivité à ses référencements professionnels type annuaire. En résumé : entrer sur le marché des annonces commerciales*, qui constituent le moyen d’actualisation permanente d’un référencement statique en annuaire.

Un choix, le meilleur : acheter le groupe Spir Communication qui dispose du premier réseau territorial et commercial d’annonces en France. Spir vaut en bourse 1 milliard d’euros pour 500 millions d’euros de chiffre d’affaire et 50 millions d’euros de résultat net. PagesJaunes peut l’acheter sans augmentation de capital. Donc a priori relutif pour le bénéfice par action.

Mais le groupe d’annonces locales n’est pas opéable, alors il va falloir se montrer convaincant à la fois sur le prix d’achat et sur les dangers en provenance des géants du Net.

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PagesJaunes, forteresse imprenable ? (1/2)

Depuis sa cotation en bourse, en juillet 2004, le parcours du titre PagesJaunes ressemble à celui d’une petite valeur de croissance : 37% de hausse. Malgré cette progression impressionnante, le rendement procuré par le titre cette année est lui aussi très satisfaisant : près de 5% au cours actuel (dividende annoncé de 0,93 euro), soit un des meilleurs rendements de la cote pour un groupe dont la capitalisation boursière est supérieure à 5 milliards d’euros.

Bref, une conjonction très rare de croissance et de rendement : une pépite en somme.

Je rappelle que la richesse financière du groupe PagesJaunes est due à sa situation de monopole écrasant en France sur le marché des annuaires (95%). Cette domination est issue de l’ex monopole des Postes et Télécommunication (France Télécom & La Poste).

Alors, « Je vais bien, tout va bien » ? Puis-je m’endormir sur mes actions ?

Oui, mais tout de même, mieux vaut ne pas me réveiller dans cinq ans. D’où la concurrence peut-elle venir ? Certainement pas des concurrents éditeurs d’annuaires papier.

La réponse est simple et tonitruante : cette semaine, j’ai cherché des coordonnées professionnelles dans PagesJaunes.fr, et c’était lent, et je n’ai pas trouvé. Alors, presque spontanément, je suis allé tenter ma chance sur Google. Et j’ai trouvé.

L’Internet est d’ailleurs le moteur de la croissance interne de PagesJaunes. L’an dernier, le chiffre d'affaires total a progressé de 7% (à 980 millions d’euros) alors que le chiffre des services en ligne a gagné 22%, à 250 millions d’euros. Point capital, le revenu moyen par annonceur sur pagesjaunes.fr a bondi de 34%, à 511 euros…

(A bientôt… la suite dans « PagesJaunes : forteresse imprenable ? 2/2 »)

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"La Sécurité", un thème d'investissement

En gestion de portefeuille, suivre à la fois une méthode et un thème d’investissement est une stratégie intéressante – car elle évite la dispersion et fait gagner du temps de travail…

Pierre Chevallier, de la Française des Placements explique aux Echos Week-End (datés du 8 et 9 avril) que « la sécurité » constitue un des deux grands thèmes qui détermine ses choix d’investissement.

Depuis les attentats du 11/09, la sécurité au sens large est un enjeu économique d’envergure, qui se décline dans plusieurs secteurs de la vie.

Exemples cités : la sécurité informatique des personnes avec Axalto (cartes à puces et contrôle d’identité), la protection contre les aléas de l’existence avec l’assurance-vie et le choix d’ING, la protection contre les maladies avec la pharmacie et Sanofi-Aventis…

Mon grain de sel : j’ajoute Eurofins Scientific dans la sécurité alimentaire et Bacou-Dalloz dans la protection des personnes.

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Etam : à eux les petites anglaises

Enfin, Etam a vendu sa filiale anglaise et ses 200 boutiques – à l’homme d’affaire Philip Green. Une bouchée de pain : 14,6 millions d’euros pour 250 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Etam avait des soucis de rentabilité au Royaume-Uni. Le problème est devenu critique en 2004 : la filiale britannique a enregistré une perte d’exploitation de 31,7 millions d’euros et a pesé pour 74 millions d’euros dans les résultats annuels catastrophiques du groupe Etam.

Faut-il vendre cette bonne nouvelle ? (Je parle de la vente de la filiale anglaise, pas des pertes annuelles...) Car tous les risques ne sont pas éliminés : en 2004,  le résultat d’exploitation a diminué de façon inquiétante en France, et les investissements dans les 520 points de vente en Chine ont aussi pesé sur la rentabilité.

Ma réponse : non, car la valorisation boursière actuelle me semble tenir compte de ces risques.

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Les vertus de l'immobilisme monétaire

Hier, heureusement, la Banque Centrale Européenne a repoussé dans le temps un resserrement monétaire. Son taux de refinancement se situe à 2% depuis 22 mois.

La conjoncture en Europe n'est pas brillante et ne justifie pas un tour de vis monétaire, comme ceux que le Réserve Fédérale américaine administre en ce moment aux Etats-Unis. Certes, les prix de l'immobilier sont parfois aussi saugrenus que là-bas. Mais l'endettement n'y est pas aussi acrobatique et surtout, l'euro n'a aucunement besoin d'être stimulé - au contraire, il est déjà trop élevé relativement à la conjoncture en Europe et au commerce extérieur.

Du coup, les taux d'intérêt ont baissé hier, et les actions en ont profité. Les titres offrant de bons rendements, comme Suez ou Dexia ont tiré parti du repli de leurs principaux concurrents financiers : les obligations.

Le CAC 40 a touché un point cultminant annuel, aidé aussi par Wall Street, où les principaux indices ont poursuivi leur rebond après 3 semaines de baisse.

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L'angoisse de la pierre qui tremble

Sur les acrobaties du marché immobilier...

Aux Etats-Unis, acheter de l’immobilier à crédit est devenu le moyen le plus rapide de s’enrichir. C’est contre-nature. Aucune explosion démographique et économique ne justifie ce phénomène. Comme il dure, les américains ont pris l’habitude de consommer et d’investir en fonction de l’augmentation de la valeur de leurs actifs immobiliers. Tout cela est très acrobatique. Rien ne permet de penser que cette tendance va se poursuivre perpétuellement. Mais comme tous les longs et puissants mouvements sur les prix, la force d’inertie est très importante.

Je ne peux donc pas écrire aujourd’hui : vendez toutes vos actions, les américains vont vendre les leurs à tire-larigot pour rembourser leurs pyramides de dettes immobilières, et Wall Street va chuter.

Même si le renchérissement du crédit est inévitable, tout comme les restrictions sur le crédit hypothécaire, l’immobilier et les actions américaines ne vont pas chuter du jour au lendemain.

Il coûte très cher de rester hors du marché boursier au prétexte qu’un risque énorme existe*. Il faut « juste » se tenir prêt à prendre des décisions rapides.

* A ce sujet, je recommande la lecture de la dernière chronique Agora

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La "nouvelle" Nouvelle économie

Après l’éclatement de la bulle Internet, le succès rapide d’une pure Dotcom est encore possible.

Lorsqu’une jeune femme BC-BG Auteuil-Neuilly-Passy rencontre un esquimau dont l’igloo est branché sur Net via le satellite… Ce pourrait être le futur spot TV de Meetic. Ou mieux lorsqu’elle rencontre son voisin de palier sur le Net…

Cette « dotcom » a choisi d’investir le marché des rencontres qui, comme chacun le sait, est plein d’avenir. En gros, un adulte sur deux est célibataire au moins une fois dans sa vie, et cherche à ne pas le rester (au moins une fois dans sa vie). J’ajoute le marché des rencontres entre faux célibataires (amants, maîtresses, etc.), très prometteur lui aussi.

Meetic s’introduirait en bourse dans 6 mois, trois années après son lancement, en levant entre 50 et 75 millions d’euros. Quelques chiffres : entre 40 et 50 millions d’euros de chiffres d’affaires cette année (la moitié en 2004) pour un résultat (brut) d’exploitation de 8 à 10 millions d’euros. 11 millions d’internautes actuellement inscrits.

Les banquiers valoriseraient l’entreprise entre 200 et 300 millions d’euros, soit un peu plus de 22 euros par client. C’est à la fois énorme et peu. C’est énorme : les mauvaises langues affirment que le service rendu à l’internaute (le « taux de transformation » ) est médiocre. C’est peu : du point de vue d’une agence matrimoniale, les célibataires valent bien plus que 22 euros par tête.

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Ô mon PRU, quand te reverrai-je ?

Quand reverrai-je mon Prix de Revient Unitaire (PRU)  ? C’est une litanie chez nombre d’investisseurs qui se demandent quand ils reverront le prix auquel ils ont acquis leurs actions. Et s’ils le reverront un jour pour certaines d’entre elles.

L’éternelle question est : faut-il moyenner en baisse (diminuer son PRU) lorsque une action baisse sérieusement sous son premier prix d’achat ? La réponse : oui, si vous avez choisi cette méthode de gestion de portefeuille. Alors deux conditions : se soucier de faire son premier achat au bon moment (je n’ai pas dit le meilleur moment) et des capacités du groupe à rebondir en cas de coup dur.

Mais, bien sûr, d’autres méthodes existent : n’acheter qu’à la hausse, et protéger ses plus-values en plaçant des ordres à déclenchement à la baisse.

Point important : choisir une méthode et s’y tenir.

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Suez, enfin orientée au Nord

Selon le fond d’investissement Knight Vinke, Suez n’est pas gérée de façon optimale. Ce fond, qui tient une position de 200 millions d’euros, milite pour que le groupe évolue d’une organisation de holding vers un groupe industriel doté d’une structure financière adéquate. Ces modifications permettraient à l’action de coter plus de 30 euros…

L’air de rien, les dernières nouvelles vont un peu dans ce sens : Suez est sorti de Fortis et d’UPC (Noos), et la dette brute consolidée de Suez se réduit donc de 1,4 milliard d’euros.

Je vois avec satisfaction que l’action a rebondi sur 20 euros avec le CAC 40, les bons résultats 2004 du groupe, un rendement parmi les plus élevés du CAC 40 et, donc, ces dernières nouvelles qui donnent du crédit à la position défendue par Eric Knight.

En soi, d'ailleurs, viser 31 euros d'ici 2 à 3 ans n'est pas aberrant.

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Bonduelle : chouette, l’action baisse

Vive déception du marché hier : des résultats semestriels en deçà des dernières annonces du groupe de légumes. Et le second ne rattrapera pas le 1er, ni en chiffre d’affaires, ni en rentabilité. Bref, l’exercice comptable 2004/2005 ne sera pas à la hauteur des prévisions.

Dégringolade du titre de 5,7%. Moyenne mobile à 200 jours enfoncée. Attendre pour acheter. Très bonne plantation financière dans la durée. Oublier l’image désuète de la boite de conserve de petits pois et de carottes. Voir le marché du légume du point de vue de la santé et du marketing. 21 eme siècle.

Mon ambition pour Bonduelle est, in fine, un mariage avec Danone. Davantage de moyens de conduire le marché du légume frais.

Ne pas acheter avant 55 à 60 euros l’action.

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Le FMI enfonce des portes ouvertes

A quoi servent les économistes s’ils se contentent d’enfoncer des portes ouvertes lorsqu’ils s’expriment ?

Hier, à l’Université Georgetown de Washington, attention on ne plaisante, le directeur général du Fonds Monétaire International Monsieur Rodrigo de Rato y Figaredo a lancé un triple avertissement, en résumé :

Une hausse importante des taux d'intérêts américains aurait un effet  négatif sur l'expansion;

La hausse du prix du pétrole, si elle se poursuit, pourrait avoir des effets sérieux sur la croissance;

Le creusement continu du déficit américain des comptes courants est source d'inquiétude croissante" ; "Une forte réduction, ou une inversion, des flux de capitaux pourraient entraîner des conséquences graves pour les marchés des changes et des capitaux".

Un peu de sérieux, comment voulez-vous que les problèmes économiques soient entendus, compris et traités avec de telles platitudes rabâchées ?

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Séries boursières : l'énergie après la route

Le succès boursier du titre autoroutier ASF a incité le gouvernement à privatiser les concessions autoroutières de France et de Navarre. Ont donc suivi APPR et Sanef. Autant les ASF, pionnières en bourse, avaient été introduites à un prix attractif, autant les opérations suivantes ont offert moins de marge de hausse aux nouveaux actionnaires. Les valorisations sont si élevées qu'on a même parlé de "bulle autoroutière".

L'Etat s'apprête à lancer une nouvelle trilogie boursière : l'énergie. GDF est en piste pour la bourse, dès le mois de mai. Mais l'opération pourrait être reportée fin juin, en sorte que le référendum européen ne soit pas perturbé par d'éventuelles et disgracieuses manifestations du personnel de GDF. Viendrait ensuite EDF à l'automne 2005, puis Areva (nucléaire et gestion de l'énergie) en 2006.

Mon réflexe : la trilogie autoroutière pourrait se reproduire. Dans un même secteur, le gouvernement privatise d'abord le meilleur ou le plus facile à vendre (au sens politique).

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La saga des petites valeurs

L'histoire, on la connait : en 2000, les indices boursiers étaient au plus haut historique. La suite : 3 années de baisse générale suivies de 2 années de reprise.

On sait aussi que les valeurs "petites et moyennes" ont la cote. A ce point, c'est à clamer : alors que le CAC 40 reste en baisse de 35 % (!) par rapport à son plus haut de 2000, l'indice MidCac a connu une surprenante résurrection, au point de se retrouver quasi à zéro sur la même période.

L'indice MidCAC n'est pas surpondéré en valeurs technologiques. C'est un indice représentatif, à l'exception des petites financières et immobilières, qui n'y figurent pas du tout.

Mes commentaires :

a) Pourquoi se plaint-on que les petites valeurs ne sont pas suivies par les analystes financiers ? 90% de leurs salaires vont vers l'analyse des "grosses cap", et elles ne montent pas... Bigre, elles ne montent pas...

b) Petite valeur et petit investisseur font bon ménage. Techniquement parlant, il est facile de rentrer "petitement" sur une petite capitalisation. C'est difficile pour un gros fond d'investissement. Et ce sont souvent des histoires plus faciles à suivre, où les enjeux politiques et de pouvoirs se font plus discrets...

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Pernod-Ricard, dans les volutes de la fête

7% : l'action Pernod-Ricard a gagné jusqu'à 7% depuis l'annonce, hier matin, de "discussions" en vue d'acheter le n°3 mondial des vins & spiritueux, Allied Domecq. L'opération pourrait coûter au moins 10 milliards d'euros au groupe Pernod-Ricard et à son allié possible, le groupe américain Fortune Brands.

Souvent, les arbitragistes font leur travail, et le titre du "prédateur" baisse. Là, non. Pernod-Ricard bénéficie d'une présomption de réussite : depuis le rachat en 2001 des vins & spiritueux de Seagram, l'action a doublé.

Attention aux lendemains de fête : la gueule de bois pourrait surgir et peser un temps sur la valeur : endettement pesant, effet dollar, incertitudes sur l'issue de l'opération, incertitudes commerciales...

Pas raisonnable d'acheter le titre en ce moment entre 110 et 120 euros, alors que le départ a déjà été "volé".

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Tu financeras ton voisin

Le ministre Borloo veut créer en France autant d'emplois dans les "services de proximité" qu'il en existe aux Etats-Unis ou en Angleterre. Selon lui, un million d'emplois pourraient émerger.

Jolie bataille, dans laquelle la finance de proximité devra, à mon sens, jouer un rôle déterminant. Le label FINANSOL permet aux épargnants-investisseurs d'identifier les produits d'épargne solidaire - je préfère l'expression "épargne de proximité". 30 000 personnes ont déjà placé une partie de leurs économies dans des produits financiers au label Finansol. Les chiffres : le financement annuel de 4500 entreprises, de 6000 emplois, le relogement de 360 familles en difficultés et le financement de 150 000 petits projets économiques dans les pays du Sud. C'est bien, mais faut accélérer le mouvement ! Surtout en France...

En France, justement, Les CIGALES (Clubs d'Investisseurs pour une Gestion Alternative et Locale de l'Epargne Solidaire) ont développé un vrai réseau local pour financer son voisin...

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Aéronautique, un monde à l’envers

En économie et en bourse, on trouve de tout. Même de quoi tordre le cou à la règle qui veut que les clients puissants étouffent ou étranglent toujours leurs fournisseurs. Exemple : le secteur de la grande distribution et leurs fournisseurs industriels. Contre-exemple stimulant : le secteur aéronautique. En haut de la chaîne figurent les compagnies aériennes ; au milieu, les gros constructeurs ; à la base, toute une ribambelle d’équipementiers spécialisés. Parmi eux, on trouve le français Latécoère, coté en bourse, et dont l’action connaît un parcours exceptionnel depuis 2 ans. Pourtant l’économie du transport aérien a la triste réputation d’être ingrate. Ingratitude qui s’est accentuée après le 11/09. La hausse du coût du kérosène n’arrange rien : l’Association du Transport Aérien International (AITA) estime que les compagnies aériennes vont perdre cette année 5,5 milliards de dollars… Et pourtant le très solide et bien géré Latécoère continue à s’envoyer en l’air. Attention cependant, le haut et la base ne peuvent pas éternellement diverger.

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Le style Warren Buffet

Grande patience et confiance indéfectible est un style d’investissement qui se défend (parmi d’autres).

Un exemple où il fallait savoir être un Warren Buffet : Signaux Girod : petit groupe français leader à l’activité peu sexy, mais ô combien utile, la signalisation routière ; enclavé au fond du Jura à 1000 mètres d’altitude ; ne communique pas ; action difficile à échanger en grandes quantités sans faire décaler les cours.

Je me souviens l’avoir analysée en 1996 et recommandée aux lecteurs de Propos Utiles et aux clients de Gestor Finance. Vers 18 euros. Durant au moins deux ans, le titre a végété et est même descendu vers 15 euros. Les clients faisaient un peu la tête. Puis vint la période exclusive des TMT. Tout est resté longtemps sous-évalué par le marché : les fonds propres, les résultats, la solidité financière, les savoir-faire et les positions du groupe…

Aujourd’hui, le titre vaut  4 fois plus qu’en 1996, à 72 euros, avec par dessus le marché de bons dividendes quasi chaque année.

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Zodiac, capricorne ou bélier ?

Dans sa rubrique « portefeuille », Les Echos week-end présentent chaque semaine un gestionnaire de fonds. La dernière livraison est consacrée à Vincent Lequertier (Banque d’Orsay) et à son fonds dit « value », où les valeurs de rendement sont logiquement privilégiées, comme les pétrolières et les foncières.

Parmi ses valeurs sélectionnées, une appelle un commentaire spécial : Zodiac, dont il dit n’avoir aucun doute à terme sur sa capacité à augmenter son taux de distribution (son rendement donc). Je le reconnais, c’est un avis judicieux pour le long terme.

Mais aujourd’hui, Zodiac annonce l’acquisition pour 600 millions de dollars de la compagnie américaine CD Aerospace, première sur le segment de l’aménagement intérieur des cabines d’avions.

Le profil stratégique de Zodiac reste donc pour le moment fidèle à lui-même : une succession d’acquisitions de niches rentables.

Pas demain, donc, que le titre offrira un rendement de 4 à 5 %. Acheter Zodiac, c’est acheter une valeur de croissance.

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Dans la mare au pétrole

Le temps passe, et le prix du pétrole reste très élevé. Il caracole même : Hier, en séance, il a atteint un record de 58,20 dollars le baril sur le marché américain.

Du coup, l’idée répandue selon laquelle la hausse du pétrole est une flambée, un phénomène éphémère, perd de sa véracité. « On » espérait que la fin de l’hiver dans l’hémisphère nord calmerait le jeu. Pour le moment, rien. Or la plupart des prévisions micro et macro économiques pour l’année 2005 ont été effectuées sur la base d’un baril moyen à 35 dollars…

L’année pourrait donc être celle d’un nouveau record de profits pour les compagnies pétrolières, dont les actions seraient alors sous-évaluées. Total s’approche de son point culminant, touché en 2000, à 185,5 euros. A quand les 200 euros ? La petite Maurel & Prom, qui vit une « Africa success story » pourrait aussi poursuivre son ascension. Bien sûr, le prix du pétrole incite les compagnies à se racheter : c’est finalement ChevronTexaco qui aura emporté Unocal contre ENI et China National Offshore Oil.

Suivre la tendance, oui, mais pas naïvement : des « stabilisateurs automatiques » se mettent en place : la hausse du pétrole augmente les profits des compagnies pétrolières, mais elle ralentit l’expansion économique, et, in fine, modère la demande de pétrole.

Nota : point positif des périodes de hausse durable du prix du pétrole, ça stimule la R&D et les investissements sur les énergies "nouvelles".

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Alcatel, mon désespoir (2)

Devinette : comment gagner beaucoup d’argent en détruisant beaucoup de valeur et d’emplois ?

1ère information : Monsieur Tchuruk a gagné un salaire brut de 2,3 millions d’euros en 2004, en progression de 53% par rapport à 2003. Son bonus, qui était de 0,77 million d’euro en 2004, devrait progresser cette année à 1,3 million d’euros, en remerciement du redressement des résultats en 2004.

2ème information : Monsieur Tchuruk dirige Alcatel depuis 10 ans. Le 4 avril 1995, l’action cotait 13,48 euros. Le 4 avril 2005, l’action cote 9,25 euros, soit une baisse de 30% sur une décennie (contre +100% pour le CAC 40). A ma connaissance, aucune dilution n’a eu lieu au cours de cette période.

3ème information : Alcatel, sous la présidence de Monsieur Tchuruk, dont l’image de bon stratège est bien vivace, a mené un vigoureux plan de restructuration : entre 2000 et 2004, le nombre d’emplois détruits par Alcatel s’est élevé à 58 000 (113000 – 55000).

Mon commentaire : la première personne qui ose encore dire qu’Alcatel n’a pas démérité, je l’encastre dans le mur le plus proche.

Et j'apprends aujourd'hui que Monsieur Tchuruk s'arrange pour prolonger son mandat de Président jusqu'à 70 ans... De qui se moque-t-on ? Que font les fonds de pension ?

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Ne pas confondre TNT et T.N.T.

La Télévision Numérique Terrestre n’est pas du Trinitrotoluène… pour les deux principaux groupes télévisuels cotés en bourse : TF1 et M6.

Il n’est pas sérieux de raisonner en termes de « gâteau publicitaire » fermé, qu’il faudrait partager avec les nouveaux entrants : NRJ, Bolloré et AB Group.

Nous sommes dans une ère de consommation d’images : le développement des programmes thématiques et généralistes devrait donc augmenter ce « gâteau publicitaire ». Et là, les acteurs « dans la place » sont pas mal lotis : les chaînes thématiques de TF1 prennent leur essor, et M6 pourrait se retrouver avec 4 nouveaux tuyaux TNT : deux gratuits et deux payants. Encore deux points en leur faveur : l’assise pour financer de nouveaux programmes et le bénéfice de la fidélité de leur clientèle d’annonceurs.

Bref, pas de raison de paniquer du côté des actionnaires. Un petit mot doux-amer : mieux vaut (pour le moment) être actionnaire que téléspectateur…

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La financière de l’Echiquier sort son Fou

Cette « société de gestion de portefeuille indépendante spécialiste des actions » a prouvé, avec le temps, savoir sélectionner et investir dans des sociétés de taille moyenne, en croissance, mais modestement valorisées.

L’annonce récente de l’acquisition de plus de 5% du capital des sociétés Ilog et ESI surprend donc de prime abord tant ces valeurs technologiques semblent très valorisées pour des croissances fluctuantes et des rentabilités encore décevantes.

Précision tout de même : ces deux petites sociétés sont des pépites technologiques. Ilog est considéré comme le leader mondial des briques logicielles dans les « régles métiers ». ESI est très en pointe dans les logiciels de prototypage et de crash-test – une sorte de mini Dassault Systèmes mais plus high-tech.

Elles ont par ailleurs un point commun : une structure financière saine.

Actifs technologiques reconnus + structure financière à l’aise : vous avez sans doute les deux raisons de l’investissement de fond de la Financière de l'Echiquier.

J’ajoute une intuition : je verrai bien ces deux petites sociétés finir dans l’escarcelle de Dassault Systèmes… (oui, même Ilog)

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Les campagnes européennes de Dexia

J’ai une affection spéciale pour Dexia – je sais, un bon financier ne devrait s’attacher à aucune valeur…

N’est-ce pas un comble que ce groupe qui a été pionnier pour construire une banque vraiment européenne, se soit vue opposer une levée de boucliers de ses actionnaires Belges lors de sa récente tentative de rapprochement avec le n°3 italien San Paolo IMI ?

Depuis, deux OPA ont eu lieu en Italie : le néerlandais ABN Amro s’est emparé de la Banca Antoveneta (n°8) et l’espagnol BBVA a jeté son dévolu sur la Banca Nationale del Lavoro (n°6).

Le patron de Dexia, Pierre Richard, doit bouillonner. Il a d’ailleurs affirmé samedi dernier sur Radio Classique que « le marché » devrait être plus puissant que « les réglementions ».

Je m’attends donc à une seconde campagne italienne, à moins qu’à ce moment-là, la Société Générale ne se décide à proposer une fusion à Dexia…

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En avril, ôte ton pull

Enfin… dis-le pas trop vite…

Les américains raffolent des statistiques boursières. Perso, j’aime assez les historiques de performance par mois et par saison. Pourquoi n’y aurait-il pas des saisons en bourse ?

Sur une période de plus de 30 ans, avril se trouve être le deuxième meilleur mois boursier après janvier, aux Etats-Unis et en Europe.

Quand je rentre dans le détail du crû 2005 et dans la psychologie actuelle des marchés, là, flûte, ça se corse : janvier a été mauvais aux US – mais assez bon en Europe (surtout en février). Alors je me demande si le calendrier politique n’est pas pour quelque chose dans ce dérèglement saisonnier.

Et pour l’heure, les grands indices boursiers américains virevoltent sur leurs cordes raides, les lignes de tendance les plus suivies, les moyennes mobiles à 150 et 200 jours (MM 150 et 200).

Vendredi, les indices Dow Jones Industrial et Nasdaq composite ont enfoncé l’un sa MM150, l’autre sa MM 200 – dernière ligne de résistance. En cause : le rebond brutal du prix du pétrole, mauvais pour l’inflation, le durcissement de la politique monétaire américaine et, in fine, pour les actions. Au total, malgré une évidente survente après une baisse de plus de quinze jours, il serait très hasardeux de jouer un rebond.

En Europe, la situation est meilleure : la valorisation y est plus faible, et la remontée du dollar neutralise en partie l’influence négative de Wall Street.

Stratégie : jouer les pétrolières et les valeurs de rendement à l’approche de la saison des dividendes. A contrario, en cas de rebond des indices US au-dessus de leur MM150, alors je serais tenté de compter plus sûrement sur « l’effet avril ». Enfin,  je n'oublie pas un savoir-faire incontournable du trader : savoir rester liquide en attendant des signaux plus forts.

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Pour des épousailles Danone - Bonduelle

Les banques d’affaires sont des agences matrimoniales patrimoniales. Leur grande affaire est de trouver deux entreprises, et de les faire se marier, de gré ou de force. Alors je vais mettre mon petit grain de sel sur ce marché des épousailles.

Danone et Bonduelle feraient un beau mariage - raison et passion.

Les produits frais et « santé » ont le vent en poupe. Et pour longtemps : certains prédisent que la diététique sera le plus gros marché alimentaire (et pharmaceutique) du XXI siècle (dans les pays développés bien sûr).

Danone cèderait son activité biscuits (encore que c’est à voir), conserverait les eaux minérales et de sources, et tous les produits laitiers frais. Bonduelle, qui est le n°1 européen du légume, apporterait à cette union improbable mais sensée un joli potentiel : son essor dans les légumes frais est stimulé par cette tendance de société de fond : le légume retrouve la cote ! Y a qu'à voir les bars parisiens branchés qui ne servent plus que des soupes aux 3 légumes. Et cette galerie d'art qui expose de vrais légumes sculptés...

Intérêt pour Danone ? Se doter d’un troisième pilier « produits frais et santé » avec un vaste potentiel mondial.

Intérêt pour Bonduelle ? Disposer de la puissance financière et commerciale qui lui permettrait de transformer son aventure européenne en aventure mondiale.

Nota : Je reviendrai sur cette idée de fusion… Tout mariage a priori incongru nécessite de fréquentes discussions... Le projet devient alors familier et les divergences paraissent secondaires.

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Le portefeuille de Jack la Loose ©

Je suis à la recherche de Jack la Loose, l’homme qui choisissait toujours les actions qui allaient le plus baisser. Il ne le faisait pas exprès. Il avait juste le talent d’avoir la guigne. Et ce don vaut une fortune ! Oui, des banques ou compagnies d’assurance seraient prêtes à payer des millions quelqu’un qui saurait leur indiquer les actions à éviter.

Nous sommes d'accord je pense : la première des responsabilités d’un investisseur, surtout s’il s’agit d’un institutionnel qui gère l’argent des autres, c’est de conserver la valeur du capital qui lui a été confié. La principale source de contre performance n’est pas de rater des hausses, mais d’encaisser, si je peux dire, de puissants gadins.

Savoir déceler les futures et durables baisses, c’est aussi s’offrir la possibilité de spéculer sur ces mouvements, mais là, on entre dans une autre dimension, qui implique que ce cher Jack ne se trompe assurément pas.

Aussi, je lance un appel discret mais solennel : toute personne qui pense avoir été en contact avec Jack la Loose, ou assimilé, rendrait un grand service à la communauté financière en me le présentant… C’est presque une question d’intérêt général, une mission de service public.

De mon côté, je vais tenter de jouer les Jack la Loose – mais ce n’est pas si facile. Mon but ultime sera alors de construire et d’animer le portefeuille du parfait looser – une création financière que les établissements financiers s’arracheront.

Nota : toute personne ayant des idées de grosses pertes sera la bienvenue dans cette entreprise.

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Le monde à l’endroit à l’envers

Ah ! ça faisait longtemps ! chocking ! Le CAC 40 vient de gagner 0,70 % à l’annonce d’une statistique relativement mauvaise sur l’emploi aux Etats-Unis : en mars 110 000 emplois (non agricoles) ont été créés, alors que la compilation des prévisions de 30 économistes donnait 220 000 emplois créés.

Ce genre de mouvements excite les foules… Pensez donc, cette bourse sans foi ni loi. En fait, comme d’habitude, le phénomène est à court terme. Il est évident qu’à longue échéance les investisseurs se réjouissent de la quantité d’emplois créés. Là, c’est encore la crispation sur l'hydre affreuse de l’inflation - ou plutôt la décrispation : les investisseurs se sont sentis rassurés, l’économie américaine ne semble pas trop « booming ».

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Acquisition en direct

Hier, j’écoutais la présentation en ligne des résultats 2004 et les perspectives du groupe AssystemBrime. Il y était question d’acquérir deux sociétés, soit 100 à 150 millions d’euros de chiffre d’affaires. C’était une question de jours, au pire de semaines. En fait, c’était imminent, voire même en direct puisque un communiqué diffusé ce matin annonce l’acquisition la veille d’une société britannique au chiffre d’affaires de 100 millions d’euros : INBIS fait de l’ingénierie industrielle « produits » dans les secteurs aéronautique, automobile et nucléaire. Elle a pour clients renommés : BAE Systems, Rolls Royce, Airbus, BNFL, UKAEA ou Nissan.

Si les activités d’INBIS correspondent à celles d’AssystemBrime, reste au groupe français à savoir intégrer son achat. De notoriété publique, ce n’est pas chose facile avec les sociétés britanniques…

Enfin bref, l’objectif d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2007 a gagné en crédit du jour au lendemain. Et j’aurais pu intitulé ma note « Lorsque l’horizon d’investissement se raccourcit… »

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Actions : les soldes permanentes ?

Elles sont bon marché à se taper la tête contre son ordinateur : les valeurs de l’indice européen DJ Euro Stoxx capitalisent 12,7 fois les résultats estimés pour 2005 (source JCF Group-Fact-Set). Du jamais vu depuis le début des années 90. 

Si on compare le prix des actions avec celui des obligations d’Etat (la principale alternative), dont les taux à 10 ans tournent actuellement autour de 3,7% sur la zone euro, la « décote » des actions est encore plus flagrante.

Alors ? Par un mouvement de balancier si classique en finance, je crois que nous payons encore les excès de valorisation qui ont sévi jusqu’en 2000 et 2001. Les cotes défiaient les règles d’évaluation, et elles les défient encore – mais dans le sens opposé cette fois-ci !

L’extrême fin du second millénaire a été marquée par une monomanie haussière absolument dingue, tandis que le tout début du troisième millénaire a subi un inévitable marché baissier de grande ampleur. C’est historique, et ce n’est pas indolore !

Du coup, les grands risques sont, je pense, surestimés : terrorisme, prix du pétrole, déséquilibres américains. Au détriment des actions, et au profit de l’immobilier.

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Sur les origines sexuelles du déficit commercial américain...

Je suis tombé hier sur la dernière livraison de Bill Bonner, le fondateur de la chronique Agora à Londres. En voici deux extraits : (…) « Et pendant ce temps, poussés par leurs antiques pulsions de reproduction sexuelle... et habilement conduits par la Fed... les Américains arrivent au bord de la banqueroute. (…) Pourquoi y a-t-il un déficit commercial de 600 milliards de dollars ? Parce que les Américains veulent acheter des choses qu'ils ne peuvent se permettre. Pourquoi achètent-ils des choses qu'ils ne peuvent pas se permettre ? Parce que cela leur donne un statut social plus élevé. Pourquoi veulent-ils un statut social plus élevé ? Parce que cela leur donne meilleur accès au sexe opposé."

J’apprécie le sens du raccourci de l’inénarrable Bill, dont les convictions financières les plus pertinentes ces dernières années ont été la hausse de l’or et surtout, la baisse du dollar. Mais je ne peux m’empêcher de constater que depuis la fin de la convertibilité du dollar en or (1971), le billet vert évolue, sauf périodes de rémission, sur une tendance baissière.

En pratique, il est donc assez vain d’attendre qu’un « grand soir du dollar » résorbe le déficit commercial américain, surtout si ses origines sont d’ordre social et sexuel… De fait, le grand soir du « roi vert » dure depuis plus de 30 ans.

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