L'annonce de résultats trimestriels en perte en a remis une couche sur l'action ST-Microelecronics - leader européen des puces avec Infineon-, déjà en très mauvaise posture.
Les investisseurs ont de quoi craindre l'avenir : en 10 ans, il s'agit de la seconde perte trimestrielle...
C'est une malédiction qui sévit sur les deux principales valeurs technologiques du CAC 40 (avec Alcatel).
STM conserve toutefois une bonne longueur d'avance dans la compétition baissière : sur dix ans (mai 1995), l'action ST Microelectronics conserve un gain de plus de 100% tandis qu'Alcatel affiche une perte de 40%.
L'action Kingfisher a perdu 10% en 5 séances pour revenir au niveau d'avril 2003. Le groupe, qui est le roi du bricolage en Europe avec les enseignes de distribution B&Q, Castorama et Brico-Dépot a lancé un avertissement : chiffre d'affaires et résultat seront en-deçà des attentes pour le trimestre achevé à 30 avril. A surface de vente comparable, les ventes seraient en baisse de 6% et le résultat d'exploitation de 15% environ. Et le reste de l'année ? La direction a fait savoir que la consommation britannique pâtit de plus en plus de la pression fiscale et du renchérissement du crédit. Tiens, tiens...
En France, les enseignes Mr Bricolage et Bricorama connaissent des fortunes opposées en ce moment : le titre Mr Bricolage poursuit sa descente aux enfers, et les chiffres du premier trimestre confirment que le n°1 Kingfisher n'est pas isolé.
Quant à Bricorama, les chiffres du premier trimestre ne sont pas encore connus. L'action est au plus haut depuis 3 ans, les actionnaires devraient se méfier...
"Le défi de Ghosn" pourrait être un cas d'école de management.
Chacun le sait maintenant : Ghosn le redresseur de Nissan - une idole au Japon - succède dès lundi à Louis Schweitzer à la tête de Renault.
Comme il le dit, c'est la première fois qu'il prend la direction d'une entreprise qui va bien. Ce n'est pas anodin ! Certains patrons réussissent mieux en redresseur ou sauveur d'entreprise.
Là, ça roule, et la voie est tracée (planifiée...) pour les 5 prochaines années : faire progresser les ventes de 8% par an, atteindre 4 millions de véhicules vendus par an en 2010, grâce à la "logan" - cette voiture bon marché qui est le bébé de Schweitzer.
Si ça ne marchait pas, il pourrait toujours aller chez GM, Ford ou Daimler-Chrysler...
Ma préocupation - à laquelle je ne sais pas répondre là : où sera l'action Renault le 29 avril 2010 ?
Sur les 10 dernières années, le parcours est brillant, pour une action de constructeur automobile je veux dire : multipliée par 2,5.
M6 a grandi plus vite que TF1 au premier trimestre.
La chiffre d'affaires (communiqué) a gagné 4,2%, à 305 millions d'euros contre une stabilité pour TF1 (714 millions d'euros aux nouvelles normes comptables IFRS).
Le recettes publicitaires ont progressé plus vite et les parts d'audience ont été les plus élevés depuis la création de la chaîne. Les chaînes thématiques ont le vent en poupe avec croissance de 20% du chiffre d'affaires.
Les craintes liées à la TNT me semblent exagérées, voire mal perçues.
La valeur procure à la fois un des meilleurs rendements récurrents de la cote (4,2% au cours d'aujourd'hui) et reste, à mon sens, une valeur de croissance - certes modeste pour le moment !
Bien que malmenée en bourse depuis plus d'une année, la valeur reste sur une trajectoire boursière haussière sur le très long terme.
Parfaite maintenant dans un PEA : rendement et potentiel en capital.
Les deux premières séances de l'année 2005 avaient commencé bizarrement à Wall Street : un fort repli, une chute pratiquement. Comme pour signifier que la hausse très soutenue depuis l'élection présidentielle était de la pacotille.
Ces deux premières séances de l'année étaient donc un signe avant-coureur : Wall Street est revenue hier au point de début novembre - légèrement plus bas même pour les valeurs technologiques du Nasdaq.
Les craintes dominent d'un atterrissage douloureux du "système de consommation" et du marché immobilier. La publication, hier, des estimations de croissance américaine au premier trimestre a enfoncé le clou à Wall Street : 3,1% (en rythme annuel) contre 3,5% attendu.
L'Europe a bien résisté en janvier et février. Un phénomène rarissime. Puis un repli a démarré. Le CAC 40 est aujourd'hui sur la corde raide - il peut y rebondir.
Hier et ce matin, le CAC 40 est entré dans la zone décrite dans ma note Radioscopie du CAC 40 (1/5) du 17 avril.
Si la conjoncture est morose en Europe, la situation financière des entreprises est bonne et la valorisation est modeste, d'autant que les taux à 10 ans sont bas, très très bas.
Mes avis énoncés dans les notes suivantes sont de circonstance :
Valeurs résistantes à la baisse (2/5)
Valeurs à l'unisson du marché (3/5)
Je n'ose plus regarder en face ni les chiffres, ni surtout le cours de bourse.
Un fiasco cette action.
Pourtant, les résultats publiés ce matin sont plutôt bons en soi - mais ils sont moins bons que ce qu'attendaient les analystes et le marché. Bigre, pourquoi sont-ils trop optimistes sur Alcatel ? Pourquoi ne sont-ils pas volontairement pessimistes afin d'être agréablement surpris ? Un effet à la Wavecom serait, un jour, le bienvenue (+40% ce matin !)
Mais enfin, dans la durée, il n'y a pas que les chiffres publiés ce matin : la stratégie reste difficile à comprendre. Où sera le groupe dans 4 à 5 ans ? Je demande la lumière svp.
Et il y a cet imbroglio politico-militaro-interpersonnel entre Alcatel et Thalès - je devrais dire entre Serge Tchuruk et Denis Ranque, le PDG de Thalès. L'un veut un mariage avec Thalès. L'autre est d'accord mais à condition que Finmeccanica l'italien fasse partie du mariage. Et l'italien serait d'accord, mais s'il obtient une part égale à celle de Thalès... Au gouvernement français de trancher. Et ce n'est pas demain la veille !
Dommage, je me réjouissais de couvrir le dossier GDF à l'occasion de l'ouverture de son capital, en mai.
Mais le gouvernement semble davantage préoccupé par le référendum européen et ses risques de collusion avec GDF. Des risques, de fait, il n'y en a guère. Mais selon le principe de la réflexivité cher à Georges Soros, la perception déformée de la réalité a un impact réel sur la réalité.
Ainsi, les observateurs qui glausent sur le fait qu'un "non" laisseraient de marbre les marchés ont déjà tort.
EDF, dont les comptes sont nettement moins bons que ceux de GDF, va-t-il venir en bourse en premier ? Cela inverserait la logique selon laquelle en matière de privatisation, le gouvernement vend d'abord ce qu'il a de mieux et de plus facile à mettre en bourse.
En vérité, le gouvernement commet une erreur : l'important pour lui est de combler ses déficits...
A l'exception de Nokia (n°1 oblige) et presque miraculeusement de Sagem, le destin économique des constructeurs européens de téléphones portables semble être de s'associer avec un constructeur asiatique.
Ericsson avait commencé avec Sony.
Alcatel a suivi avec le chinois TCL.
Et Siemens a ouvert la voie juridique pour céder (ou associer) sa filiale de portables déficitaire. Sachant que Siemens a signé en 2004 un accord de garantie d'emploi pour 3500 salariés de deux sites allemands de construction...
Les grands gagnants sur le marché mondial des portables sont les géants coréens Samsung et LG, qui ont connu les plus fortes croissance en volume au cours des premiers mois 2005. Ils se situent aux troisième et quatrième rang derrière Nokia et Motorola, et devant Sony-Ericsson et Siemens.
Les ventes de terminaux Siemens ont chuté de 27% au premier trimestre...
J'attends avec impatience les chiffres trimestriels de Sagem. Attention, une déception est possible.
Pour qui s'intéresse à l'économie et aux stratégies d'investissement, suivre la politique énergétique des Etats-Unis est un must.
Or Bush vient de s'exprimer, hier, à ce sujet.
L'énergie nucléaire reviendrait sur le devant de la scène. C'est un renouveau : la dernière commande de centrale nucléaire date de 1973...
Si le sénat américain accepte les propositions du gouvernement, une loi pourrait être adoptée au cours des mois qui viennent.
Si ce tournant américain se confirmait, les premières compagnies à en profiter seraient les entreprises d'extraction du minérai : la première, le canadien Cameco ; la seconde le français Cogema (Areva) ; viennent ensuite les compagnies généralistes Rio Tinto, BHP Billiton ; et WMC.
Les ensembliers Areva et Westinghouse sont concernées en premier lieu, ainsi qu'une ribambelle d'équipementiers et de sociétés de services.
Assystem-Brime, par exemple, était à l'origine une société spécialisée dans l'ingénierie et l'assistance technique nucléaire. Un "renouveau" du nucléaire lui profiterait évidemment car elle a conservé des savoir-faire et des réseaux dans ce secteur.
Je me presse pour lancer cette note avant l'ouverture de la bourse.
Oui, Wavecom revient de loin, qui vient d'annoncer un résultat opérationnel positif pour le premier trimestre, ainsi qu'une légère amélioration de la trésorerie.
Cette bonne nouvelle intervient après des trimestres successifs de pertes d'exploitation calamiteuses.
Le groupe producteur de modules de radiocommunication sans fil (hard et soft) a dû opérer un changement radical de stratégie : arrêter les modules pour téléphones portables, où la croissance avait été exponentielle avec la Chine pour se consacrer aux applications professionnelles "machine to machine" - un secteur moins concurrencé et où la valeur ajoutée est plus élevée.
J'estime que les résultats trimestriels devraient permettre d'inverser la tendance baissière en place depuis fin 2003. A suivre.


