Lorsqu’un joueur de tennis parvient à rendre son jeu illisible, c’est merveilleux, et l’adversaire est tout désemparé. Dans l’univers de l’investissement, une stratégie illisible est au contraire un défaut impardonnable. Or, justement, où va Alcatel ? Quel investisseur peut se targuer de savoir, ou même d’entrevoir ce que pourrait devenir le groupe d’ici 4 à 5 ans ? Certes, les résultats ont reverdi l’an dernier, mais pour combien de temps, et dans quelle mesure ? Hélas, la seule véritable clarté d’Alcatel, c’est sa tendance principale boursière, qui est baissière. Depuis une année exactement. Et si j’allonge l’horizon arrière, je m’aperçois qu’après 18 ans d’existence boursière, le groupe n’a pas su créer de la valeur durablement. La morale de cette histoire est simple : avec Alcatel, l’infidélité de l’actionnaire est érigée en vertu : savoir épouser les vagues d’espoir et, pourquoi pas, tirer parti des périodes de désespoir.
Pour l’heure, la valeur s’approche de son point bas annuel, situé à 9 euros. Je vais observer ce qui s’y passe. La dernière idée d’Alcatel – un mariage avec Thalès- suffira-t-elle à inverser durablement la tendance ? Les valeurs liées à la Défense (et à la guerre) ont bien sûr la cote depuis début 2003, et nombre de groupes situés dans les télécommunications civiles sont aussi dans les systèmes militaires. Mais enfin, l’imitation n’est pas une qualité stratégique de premier ordre.
PS : devinez combien d'analystes financiers suivent officiellement le groupe ? Réponse dans la rubrique "analyst coverage".

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